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FUJIYAMA (3776 m) - Yoshida Trail
Mai 2014, Kawaguchiko, Japon
Le Fujiyama est une montagne du centre du Japon qui se trouve sur la côte sud de l'île de Honshu, au sud-ouest de l'agglomération de Tokyo. Avec 3776 mètres d'altitude, il s'agit du point culminant du pays. Situé dans une région où se rejoignent les plaques tectoniques pacifique, eurasienne et philippine, la montagne est un stratovolcan toujours considéré comme actif, sa dernière éruption s'étant produite fin 1707, bien que le risque éruptif soit actuellement considéré comme faible.
 
À son sommet a été construit un observatoire météorologique et malgré les conditions climatiques rigoureuses, la montagne est une destination extrêmement populaire en particulier pour les Japonais, qu'ils soient shintoïstes ou bouddhistes, en raison de sa forme caractéristique et du symbolisme religieux traditionnel qu'il représente. Il a ainsi été le sujet principal ou le cadre de nombreuses œuvres artistiques, notamment picturales au cours des siècles. Mais cette fréquentation a fragilisé l'environnement. Aussi, en juin 2013, le site est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le titre "Fujisan, lieu sacré et source d'inspiration artistique".
Fujiyama
Galerie photos
Récit du périple
Le Fujiyama en soirée, depuis le lac de Kawaguchiko
Jour 2 : Ascension du Fujiyama (3776 m)
Passage sous les Torii
Au sommet du Fujiyama, devant l'immense cratère
Jour 3 : Balade au village traditionnel de Tsumago
Promenade au village de Tsumago
Jour 4 : Kyoto, l'ancienne cité impériale
Jour 5 : Escalade à Ogawayama
Jours 6 et 7 : Tokyo, les lumières de la capitale
Escalade à Ogawayama
Lumières et foule dans le quartier Shibuya
Jour 1 : En route vers Kawaguchiko
Après un vol de 14 heures, entrecoupé par une courte escale moscovite, nous voilà enfin à l'aéroport international de Tokyo Narita. Nos premiers pas sur le sol nippon sont plutôt hésitants. Il faut dire qu'ici tout est différent, la civilisation japonaise est bien éloignée de la nôtre. Nous devons nous adapter vite aux moeurs et coutumes du pays. Après avoir récupéré notre voiture de location nous prenons la route du sud-ouest. Premier obstacle, et de taille : la traversée de Tokyo ! Il faut rouler à gauche et réussir à s'orienter, tout en prenant garde à la circulation dense. Nous louvoyons entre les buildings et parvenons à ressortir de la ville.
Une heure de route plus tard nous arrivons à Kawaguchiko, la grande cité située au pied du Fujiyama, dans la préfecture de Yamanashi. Nous y faisons quelques emplettes, notamment une bouteille de gaz que nous avons toutes les peines à dénicher. Puis nous faisons un tour près du lac en début de soirée, pour admirer notre objectif du lendemain. Le Fuji semble petit vu d'ici, et pourtant la montagne aux pentes prononcées et régulières, large de 30 kilomètres à sa base, nous domine de plus de 3000 mètres ! Les derniers rayons du soleil viennent enflammer le cône enneigé du volcan. Un spectacle sans pareil ! Les yeux éblouis nous finissons par installer, à la tombée de la nuit, notre bivouac en lisière de la forêt hantée d'Aokigahara.
Dès 5h du matin le soleil fait son apparition et nous tire de notre sommeil. Nous nous éveillons sous la voûte protectrice des arbres. La nuit fut réparatrice, car nous avons un gros décalage horaire à encaisser ! En explorant les environs nous tombons sur un étonnant cimetière, dans lequel nous nous promenons à l'aube, le Fuji en toile de fond. Quel privilège d'être enterré ici pour l'éternité !
Une longue route (payante) s'élève sur le versant nord du Fujiyama. Elle s'achève à la 5ème station, à environ 2300 mètres d'altitude. Il y a là quelques boutiques, quelques hôtels. L'endroit est très fréquenté car il s'agit du point de départ de l'itinéraire classique d'ascension du volcan. Sachant que ce dernier attire chaque année plus de 100 000 randonneurs, il faut que les infrastructures soient adaptées pour accueillir tout ce monde !

Il n'est que 6h30 et l'endroit est presque désert. Nous préparons nos sacs tranquillement et nous nous mettons en marche. Vu d'ici le sommet semble très proche, et très écrasé. Il y a pourtant 1400 mètres de dénivelé à gravir pour atteindre le cratère, mais comme avec tout volcan, l'uniformité de la pente rend la perspective trompeuse et fausse les distances. Ne nous y trompons pas, l'effort sera long.
Un mot sur la météo : elle est mitigée, car le ciel est finement voilé et l'horizon plutôt trouble. Est-ce l'effet de la pollution, ou une simple brume de chaleur ? Aucune idée, quoi qu'il en soit la vue n'est, pour le moment, pas à la hauteur de nos espérances.

Le sentier commence par effectuer une légère descente, pendant 15 minutes environ, pour aller à la rencontre du versant oriental de la montagne, où se déroule tout le reste de l'ascension. Là un panneau nous indique le reste de la voie à suivre, et met en garde les candidats au sommet sur la longueur et de la difficulté de l'effort. Notez que l'itinéraire est officiellement fermé de septembre à juin, sans doute pour éviter à des pseudo-alpinistes d'aller en découdre avec les pentes enneigées du Fuji.

Alors que nous chaussons les crampons à la sortie du bois, nous croisons un skieur de randonnée japonais. Lui pourra jouir des plaisirs de la glisse à la descente (quoique... vu la qualité de la neige...). Nous entrons dans le vif du sujet : devant nous se dresse une immense pente de neige, haute de 1400 mètres. Tout là-haut nous pouvons déjà observer le rebord du cratère, mais nous savons qu'il nous faudra des heures d'effort pour l'atteindre.
Ben prend les devants et se lance dans la pente à toute allure. Steph et moi lui emboîtons le pas. Nous nous écartons rapidement de l'itinéraire classique, très aménagé, qui passe plus à gauche et où se trouvent de nombreux refuges et abris.

Que dire de cette montée, sinon qu'elle est terriblement monotone ? Nous faisons quelques haltes, pour reprendre notre souffle et profiter du panorama qui, dans notre dos, ne cesse de s'élargir. Quelques nuages se dispersent en fond de vallée, mais rien d'inquiétant, nous sommes bien au-dessus de tout ça ! Nous progressons vite et nous avons irrémédiablement distancé notre ami nippon. Vers 3500 mètres notre rythme diminue, sous les effets conjugués de la fatigue et de l'altitude, sans doute. Nous rejoignons l'itinéraire principal pour les ultimes mètres, où nous passons sous des Torii, ces portails qui jalonnent le parcours et qui délimitent l'enceinte sacrée.
10ème et dernière station, 3700 mètres d'altitude. Nous débouchons sur le bord du cratère. Les dimensions de ce dernier ont de quoi impressionner : 600 mètres de diamètre, pour 200 mètres de profondeur. Il y a sur la crête plusieurs bâtiments en pierre qui, en période estivale, font office de refuges et de boutiques. Oui vous ne rêvez pas, les Japonais ont poussé le vice jusqu'à mettre des magasins tout là-haut, sur leur montagne sacrée !

Nous commençons à faire le tour du cratère, car il nous faut maintenant rejoindre le sommet principal, appelé Shin-Fuji, qui est situé à l'exact opposé. C'est l'affaire de trente minutes environ. Après avoir franchi plusieurs antécimes nous atteignons finalement le sommet du Fujiyama (3776 m) ! Mission accomplie, encore une fois !

Une borne marque la cime. Des inscriptions en japonais sont gravées dessus, mais nous ne pouvons les déchiffrer. Une station météorologique occupe toute la place. C'est fort dommage, car celle-ci dénature vraiment le paysage et nous empêche de profiter pleinement de la vue sur la plaine. Décidément, il serait peut-être temps de faire le ménage sur cette montagne...
Nous mangeons un morceau et profitons du moment. Quel bonheur que d'être là, seuls, au sommet de cette montagne si singulière. Nous vivons à 10 000 kilomètres de là, mais le Fujiyama nous le connaissons, nous l'avons vu et revu en photo, en dessin, depuis des années.

Il nous aura fallu environ 5 heures, pauses comprises, pour gagner le sommet. La descente, compte tenu du terrain, promet d'être bien plus rapide. Dans un premier temps nous bouclons le tour du cratère, par le bord occidental. Steph profite de l'occasion pour faire sa BA du jour, en redescendant un ski abandonné. Sans doute la première action écolo qu'on ai jamais vu sur cette montagne !

De retour à la 10ème station, il ne nous reste plus qu'à replonger vers la plaine. La pente, raide mais pas trop (30° environ) est idéale pour une descente en glissade contrôlée. Ainsi donc nous voilà dévalant le Fuji sur les fesses, à toute berzingue. Et l'exercice n'a jamais été aussi efficace : en l'espace de cinq minutes nous perdons 900 mètres de dénivelé ! Le reste de la descente se fait à pied, dans une neige trop molle pour s'en remettre à la seule gravité.

Retour à notre point de départ. Les touristes ont pris possession des lieux. Les locaux ont sorti les appareils photo dernier cri et mitraillent dans tous les sens. Nous sommes en plein brouillard mais cela ne les empêche pas de s'extasier et de prendre en photo n'importe quoi. Et oui, ils ne font pas ça qu'à Paris, ils le font chez eux aussi.

En retrait de tout ce brouhaha, nous savourons notre ascension réussie et plions nos affaires. Nous avons pris des couleurs durant ces heures d'ascension, en face à face avec la neige. La luminosité était maximale et les peaux ont brulé. De méchants coups de soleil dont nous garderons la trace jusqu'à la fin du séjour !

Nous reprenons la voiture et prenons la direction du nord-ouest, laissant derrière nous la formidable pyramide étincelante du Fujiyama. Parvenus à Hokuto, nous nous engageons sur de petites routes de montagne. Nous pénétrons dans une vallée et arrivons à la tombée de la nuit à Ogawayama, le plus réputé des sites d'escalade de l'archipel. Les corps sont fatigués, nous montons les tentes et nous endormons rapidement.
Nous nous réveillons sous une pluie battante. Le terrain est boueux, l'air humide et froid. Nous comprenons immédiatement que nous ne pourrons pas grimper aujourd'hui. Dommage car nous nous en faisions une joie. Nous séchons tant bien que mal nos affaires de bivouac et prenons une douche dans le camping d'Ogawayama qui nous offre un semblant de confort. Le moral n'est pas au top, c'est le moins que l'on puisse dire.

Nous décidons de reprendre la route, plutôt que de passer une journée entière ici à attendre une hypothétique éclaircie. Direction le sud cette fois. Nous prenons l'autoroute pour avancer sans perdre de temps. Car nous n'avons qu'une semaine pour vadrouiller dans le pays, le timing est serré ! En début d'après-midi nous faisons une halte à Tsumago, un village traditionnel perdu dans les Alpes japonaises. L'endroit est plein de charme. Les locaux sont passés maîtres dans l'art d'aménager leurs maisons et tailler les arbres. Nous effectuons là notre première expérience (difficile...) avec la nourriture traditionnelle du Japon.
Nous quittons les reliefs escarpés et boisés des Alpes japonaises pour poursuivre notre route vers le sud. Nous terminons la journée à Hikone. A l'écart de la ville, pas loin du grand lac Biwa, nous dénichons un joli parc pour placer notre bivouac au bord d'un étang. D'un coté des rizières, de l'autre une colline. Tranquilité assurée.
Début de journée en fanfare : en manque d'exercice nous commençons par monter en mode trail sur la colline qui nous domine. Dans le bois nous tombons sur un magnifique cimetière abandonné. Avec les rayons de soleil qui percent les cèdres, l'ambiance est féérique. Une autre surprise nous attend plus haut : un sanctuaire shinto où nous observons un moine en pleine prière, tout en gardant respectueusement nos distances.

A une centaine de kilomètres au sud se trouve la ville de Kyoto. Une grande agglomération de la région du Kansai, que nous avons tout loisir de visiter, à commencer par le vaste jardin impérial. Plus en périphérie le hasard nous amène vers le sanctuaire de Yamashina, bien dissimulé dans une forêt. Nous nous promenons au milieu des temples à l'architecture si riche, curieux du moindre détail.
Un peu frustrés de n'avoir pas pu grimper l'avant-veille, nous remettons le cap au nord et nous retournons sur le site d'Ogawayama. Cette fois le soleil est au rendez-vous et nous avons hâte de tâter le rocher. Le site est très vaste et comporte de nombreux secteurs. Nous choisissons le moins éloigné, pour limiter la marche d'approche. Une traversée de torrent et une montée escarpée en forêt nous mènent au pied des voies.

Nous commençons par quelques voies faciles, sur le premier mur que nous rencontrons. L'équipement est très "light", il y a de l'engagement car à la moindre erreur c'est une chute de plusieurs mètres qui nous attend. Nous enchaînons Tajan IV (5c) et Mikazuki (6a+). Plus haut je laisse mes compères, meilleurs grimpeurs, s'escrimer sur des voies courtes et plus physiques : Mori no Midori ni Kakomarete (6c) et Mountain pro-shop Dake (7b). Enfin nous terminons la session sur des dalles peu commodes, au soleil couchant : Kanpeki na Chichi (6a+) et Ku wa Kuraimaa no Ku (6a+), en compagnie de grimpeurs américains avec qui nous sympathisons.

Une journée bien remplie donc ! En tout cas nous garderons un bon souvenir de ces instants de communion avec le rocher, dans un coin reculé du Japon. Nous redescendons à notre campement et passons une nouvelle nuit en pleine nature. Nous en avons l'habitude !
Quoi de mieux pour clore ce périple, que de passer nos deux derniers jours à Tokyo ? La ville, ou plutôt la mégalopole, a des dimensions gigantesques. Elle abrite 13 millions d'âmes. Une vraie fourmilière ! C'est dans le quartier Shibuya, à la tombée du soir, que l'agitation atteint son paroxysme. Nous nous égarons dans le labyrinthe des buildings scintillant de couleurs. Les rues sont bondées, les lumières aveuglantes. C'est l'arrondissement tendance, celui qui ne dort jamais.
Nous dénichons dans toute cette effervescence une petite salle d'escalade, l'occasion pour Steph de s'exercer au bloc en compagnie de grimpeurs japonais de très bon niveau. Plus tard, nous nous réconcilions avec la nourriture locale dans un petit resto situé au 7ème étage d'un gratte-ciel. La soirée se poursuit dans un bar de Shinjuku, où il règne un vacarme pas possible. Les Japonais sont du genre bruyant et fêtard. Qui l'eut cru ? Les Japonaises, elles, sont un peu comme dans les mangas : parfois jolies, parfois pétillantes, souvent provocantes.

Le lendemain nous sommes propulsés en un éclair dans le Skytree, l'immense antenne qui domine la ville de plus de 600 mètres. La vue ne porte pas bien loin malheureusement, le ciel étant plombé par la chape de pollution. Un problème majeur dans ce pays surpeuplé où il est fréquent de voir des gens porter des masques. Nous poursuivons par une visite du sanctuaire Asakusa, où a lieu une cérémonie traditionnelle.

Nous reprenons l'avion le lendemain matin. Ainsi se termine notre aventure au "Pays du Soleil Levant", qui nous a offert de belles surprises, quelques déceptions aussi, à cause d'un timing très serré qui nous a empêché de pousser jusqu'à Hiroshima et l'île de Miyajima. Mais le principal est là : le Fujiyama est vaincu, et nous avons pu nous imprégner de la culture japonaise durant plusieurs jours.
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