GENNARGENTU (1834 m) - Versant nord
Avril 2023 - Sardaigne, Italie
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Loin de mes yeux, les montagnes sont toujours dans mon cœur. Passionné d'alpinisme et d'expéditions, je vous propose de découvrir ce site internet dédié à mes aventures en altitude. Vous y trouverez les récits complets, les photos, les vidéos et diverses informations concernant toutes les ascensions que j'ai réalisées à ce jour dans le monde entier. Bonne visite !
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Le Gennargentu est un massif montagneux situé dans la zone centre-est de la Sardaigne, une des grandes îles italiennes de Méditerranée. Il s'élève plus exactement dans la province de Nuoro, entre les communes de Desulo et Arzana, en bordure du golfe d'Orosei. C'est une région isolée et sauvage, caractérisée par l'une des plus basses densités d'habitants d'Europe. L'étymologie du nom n'est pas attestée : en sarde, il pourrait signifier "porte de l'argent" ou "porte des vents". Son point le plus élevé est la Punta la Marmora, avec une altitude de 1834 mètres, qui constitue le culmen de l'île et qui porte le nom d'un géographe piémontais.

L'ascension s'effectue généralement par la crête nord, à laquelle on accède soit depuis S’Arena, soit depuis l'unique station de ski sarde (Bruncu Spina). Le parcours est panoramique et, hormis le vent violent qui peut souffler sur les crêtes, ne comporte aucune difficulté.

Un parc national, fondé en 1998 malgré de fortes réticences locales, permet de protéger cette zone recouverte de forêts anciennes, royaume des aigles royaux et des mouflons. Voilà donc une destination qui conjugue plaisirs de la mer, de la montagne, écotourisme et immersion culturelle, et qui est donc très prisée des randonneurs et des amoureux de pleine nature.

Galerie photos
Récit de l'expédition
Le printemps est frisquet, alors c'est l'occasion d'aller se réchauffer au doux soleil des îles méditerranéennes. A l'origine nous envisagions de visiter la Sicile pour, entre autres activités, en gravir son célébrissime volcan, l'Etna. Malheureusement son ascension n'est pas autorisée actuellement à cause de son activité éruptive. Nous choisissons par conséquent une autre destination, quelque peu similaire : la Sardaigne. Comme à l'accoutumée je me renseigne sur ses reliefs et constate que, si cette île ne possède pas l'altitude et les verticalités de sa voisine la Corse, elle n'en possède pas moins d'intéressantes montagnes. Il existe plusieurs massifs distincts, mais deux retiennent particulièrement mon attention : le Gennargentu qui concentre tous les plus hauts sommets, et le Supramonte qui se distingue par ses hautes parois calcaires.
S'Arena, sur fond de Bruncu Spina
A tout seigneur tout honneur, commençons par le Gennargentu, avec pour traditionnel objectif d'en gravir le point culminant, la Punta La Marmora. Depuis la ville de Fonni une petite route nous conduit à notre point de départ : le refuge de S'Arena, situé à 1500 mètres d'altitude. C'est une grande bâtisse, curieusement laissée à l'abandon. On pourrait sans doute en faire quelque chose, par exemple une auberge/restaurant, car les lieux semblent fréquentés. Et j'imagine qu'en été il doit y avoir encore plus de monde. Nous nous garons sur le parking et débutons notre ascension sous un soleil radieux. Le parcours commence par quelques épingles sur une large piste. Très vite apparaissent les premières plaques de neige, preuves que les hivers sont rigoureux ici. Elles ne gênent pas du tout notre progression. Au contraire leur présence est appréciable, car leur éclat embellit un paysage plutôt aride.

Le chemin se dirige tranquillement vers l'est jusqu'à un col nommé Arcu Artilai. Nous y découvrons notre objectif, encore un peu lointain. Certes il y a peu de dénivelé à effectuer dans cette randonnée, mais il y a de la distance alors il faut ménager son effort. Nous franchissons le col et poursuivons à flanc de montagne, dans le versant sud-ouest du Bruncu Spina. Le tracé perd légèrement de l'altitude jusqu'à une bergerie en ruine, puis remonte en pente douce jusqu'à un second col, l'Arcu Gennargentu. Ici se rejoignent les deux itinéraires classiques d'ascension : celui que nous avons emprunté, et celui qui provient de la station de ski de Bruncu Spina. Ce dernier est sans doute un peu plus court, mais à mon sens il présente moins d'intérêt.
Il ne reste plus que la montée finale, très facile, qui évite des escarpements par la gauche et rejoint la ligne de crête à proximité du Su Mullone de Enna Orisa (1819 m), que l'on peut gravir rapidement au passage. En poursuivant plein sud, au travers de névés persistants, nous atteignons en quelques minutes l'immense croix qui marque la Punta della Croce (1829 m). La majorité des randonneurs s'arrêtent ici, sur cette pointe rocheuse très aménagée, pensant être sur le culmen de la montagne. Mais il y a confusion. En effet le véritable point culminant est situé un peu plus loin, à cinq minutes à peine. C'est ce qu'indique les cartes topographiques et, sans prétendre avoir le compas dans l'œil, je peux le confirmer d'un simple regard. Nous poussons donc jusqu'à la Punta La Marmora (1834 m), toit de la Sardaigne.
Arrivée à la Punta della Croce
L'île toute entière, aussi vaste soit-elle, se dévoile à nos yeux. Nous profitons de cette vue d'ensemble malgré la présence de quelques nuages. A nos pieds s'étend le territoire sauvage du Gennargentu, dont on devine qu'il récèle de mille trésors naturels. Entre les reliefs ondulés il y a de vastes étendues non cultivées. Et, en de rares endroits, d'humbles villages de bergers, disséminés dans le maquis. Ce qui frappe, c'est l'isolement du secteur. Aujourd'hui nous avons croisé une trentaine de personnes, ce qui nous laisse penser que le haut noyau de sommets sur lequel nous nous trouvons concentre l'essentiel des randonneurs de la région. Ailleurs, ce doit être la solitude absolue. Voilà en quelques mots le cachet sarde, séduisant par son authenticité et par la beauté de ses paysages, mais dont on ne voudrait pas endurer la rudesse pendant une vie entière.

Après un rapide crochet à la Punta Florisa (1822 m), trop proche pour qu'un collectionneur de sommets la laisse de côté, nous faisons demi-tour et repartons en direction du nord. Une fois redescendus à l'Arcu Gennargentu, deux options s'offrent à nous : revenir par le même chemin qu'à l'aller (ce qui est généralement ennuyeux) ou alors passer par le haut, c'est-à-dire suivre l'intégralité des crêtes. Option que je trouve plus alléchante, car j'apprécie le fait de varier les itinéraires. Nous poursuivons donc notre effort, et notre plaisir, en remontant à la Punta Paulinu (1792 m). Ensuite, en suivant tranquillement le sentier sur la ligne de crête, nous rejoignons le sommet de Bruncu Spina (1829 m), l'autre montagne phare du secteur, et second plus haut sommet de Sardaigne. Sincèrement il ne faut guère s'y attarder, malgré la beauté du panorama, car la large cime est polluée par de nombreuses antennes et remontées mécaniques. De plus, le vent froid s'est renforcé et ne nous incite pas à l'immobilisme.
Nous obliquons vers l'ouest pour retomber sur l'Arcu Artilai. Plutôt que de suivre le chemin bien balisé jusqu'à la voiture, nous passons encore par les hauteurs. Deux autres cimes, peu individualisées, nous y attendent : le Bruncu de Maide (1703 m) et la Punta Erba Irdes (1689 m). Enfin, il suffit de nous laisser glisser dans les pâturages pour retrouver le parking et mettre un terme à ces 5 heures de balade.

Quelques jours plus tard nous réalisons une autre randonnée, cette fois dans le cœur du Supramonte. Ce massif est voisin du Gennargentu, mais son aspect est bien différent. En effet il s'agit de hauts plateaux calcaires, avec par endroits de vertigineuses parois. Lorsqu'on arrive par l'autoroute du nord, en provenance d'Olbia, un groupe de sommets nous frappe par son allure dolomitique : il s'agit du Monte Corrasi et de ses vassaux. Voilà qui est trop tentant !

Départ au-dessus du village d'Oliena, dans la province de Nuoro. Nous avons monté péniblement notre petit véhicule à 1000 mètres d'altitude, par une piste en état correct, jusqu'au parking final de Tuones. On trouve sur place un très joli belvédère ainsi qu'une aire de pique-nique bien aménagée. L'avantage de cet accès élevé est qu'il va nous permettre d'explorer longuement le secteur. Car juste au-dessus de nous se dressent fièrement les sommets majeurs du Supramonte ! Let's go !
Tout commence par une piste à peine carrossable que l'on arpente en grands lacets. Nous sommes déjà au-dessus de la forêt alors nous savourons la vue lors de cette mise en jambes. Une demi-heure plus tard nous atteignons une ligne de crête qui donne subitement accès à l'immense plateau karstique de Scala ‘E Pradu. C'est une étendue calcaire qui resplendit dans un bain de lumière. N'oubliez pas vos lunettes de soleil car le décor, nu et éclatant, risque de vous aveugler. La végétation est quasi-inexistante dans cette zone très aride.

Sur notre droite, clairement visible, s'élève le Monte Corrasi (1463 m), le point culminant du Supramonte et donc notre objectif principal. Un excellent sentier balisé y mène en une heure de marche environ. Nous prenons notre temps pour effectuer cette ascension, afin de mieux apprécier l'atmosphère des lieux. Pour surmonter les escarpements finaux et atteindre la cime il faut poser un peu les mains, mais rien de difficile.


Depuis là-haut le panorama est immense. Au sud nous reconnaissons le Gennargentu, aisément identifiable avec ses résidus printaniers de neige. Au nord et à l'ouest, perdus dans le décor, des villages sardes aux ruelles étroites (Orgosolo, Oliena, Nuoro...). Enfin, côté est, des reliefs sauvages qui s'abaissent jusqu'au golfe d'Orosei et la mer Tyrrhénienne. Quant au vaste plateau calcaire que nous toisons, il est éblouissant. On se doute bien qu'ici l’eau est rare, et pourtant la faune y est présente et variée : renards, sangliers, mouflons et aigles... En définitive, tout ceci est somptueux et nous avons la chance d'être seuls sur cette montagne, aujourd'hui, à en jouir.
Immensités calcaires de Scala 'E Pradu
De retour plus bas après la pause déjeuner, au niveau de la ligne de crête, nous décidons de rendre visite aux autres sommets du coin, puisqu'ils sont à portée de pas. Nous filons tout d'abord jusqu'à la Punta Sos Nidos (1348 m), dont l'accès est plus chaotique. En effet le tracé, bien visible au départ, finit par se perdre dans des zones de lapiaz. Et dans le cône terminal il faut être bien attentif aux cairns pour aller au plus facile et ne pas s'égarer entre les ressauts. Au sommet nous découvrons une perspective plongeante côté nord sur le bassin du Fiume Cedrino. Impressionnant ! Cette montagne a du caractère, malgré son altitude très modeste !

Puis, toujours dans le voisinage, nous parcourons un joli trio de sommets : Punta Jacu Ruiu (1323 m), Punta Ortu Caminu (1331 m) et Punta Carabidda (1321 m). L'accès se fait hors sentier, sur des dalles calcaires peu pentues. L'enchaînement est simple, ludique même, et offre de beaux points de vue à l'ouest sur les verticalités qui ne sont pas sans rappeler celles des Dolomites, toutes proportions gardées. Enfin, retour rapide jusqu'à notre véhicule, après une journée bien remplie.
La paradisiaque Cala Goloritzé !
En dehors de ces deux randonnées majeures nous avons visité de superbes sites lors de notre séjour, et il me semble intéressant de vous en toucher quelques mots. Toujours dans le Supramonte, nous retiendrons le village nuragique de Tiscali : de fascinantes ruines archéologiques situées à l'abri des regards, dans une cavité très isolée, accessible uniquement après deux heures de marche. Drôle d'idée d'aller vivre dans un endroit pareil ! Et dans le même secteur, je vous conseille d'aller faire un tour dans le canyon de Gorropu. Là encore il faut marcher pour s'y rendre, mais cela vaut la peine puisque cette gorge est réputée pour être l'une des plus grandioses en Europe.

Et puisqu'il n'y a pas que les montagnes dans la vie, allez donc faire un tour en bord de mer, dans le golfe d'Orosei. Je vous recommande la visite guidée de la grotte marine de Bue Marino. Elle est accessible en bateau depuis le port de Dorgali, et s'enfonce dans les terres sur plusieurs kilomètres en un réseau somptueux. Et puis, si vous voulez admirer les plages sardes, autant choisir la plus paradisiaque d'entre elles : la Cala Goloritzé ! Une merveille dont l'accès n'est pas aisé puisqu'il faut partir du plateau du Golgo, à 500 mètres d'altitude, pour descendre jusqu'à la côte. Vous l'aurez deviné, le plus dur sera de remonter ensuite... L'endroit est ainsi préservé et cela a l'avantage de limiter la fréquentation des lieux. Hors saison estivale vous serez peu nombreux à profiter de cette crique fascinante, d'un bleu azur, au-dessus de laquelle se dresse un fameux obélisque calcaire, l'Aguglia de Goloritzé, sur lequel les grimpeurs pourront s'en donner à cœur joie. A condition toutefois d'être expérimenté, car la voie normale est en 6b !
Voilà donc pour ce périple en Sardaigne. Une île qui regorge de trésors, en particulier sur son côté oriental, mais c'est une question de goût. Je ne pense pas me tromper en disant que les randonneurs, tout du moins, préfèreront ce secteur. A faire absolument une fois dans sa vie, d'autant que l'accès par voie aérienne est aisé et relativement peu coûteux pour les Européens. Un conseil tout de même : évitez l'affluence de la période estivale, où vous risqueriez d'être écrasés par la chaleur. Préférez lui le printemps, voire l'automne, avec la brise fraîche qui est très agréable et vivifiante lors des randonnées.
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