GRANDE CASSE (3855 m) - Grands Couloirs
Juin 2009, Vanoise, France
La Grande Casse depuis le lac des Vaches
La Grande Casse, du haut de ses 3855 mètres d'altitude, est le point culminant du massif de la Vanoise, dans les Alpes françaises, ainsi que le plus haut sommet du département de la Savoie. C'est une montagne massive qui occupe une place centrale dans la Vanoise et qui se trouve à cheval sur les communes de Pralognan à l'ouest, Champagny au nord et Termignon au sud. La station de Tignes se trouve en direction du nord-ouest. Elle se trouve sur la même arête que la Grande Motte (3653 m) à l'est et n'est séparée de la pointe Mathews (3783 m) que par le col des Grands Couloirs au sud-ouest. Cette crête constitue la ligne de partage des eaux entre les vallées de la Tarentaise au nord et de la Maurienne au sud. Le versant ouest du sommet abrite le glacier des Grand Couloirs, son versant nord-ouest le glacier de la Grande Casse et son versant nord-est le glacier de Rosolin.

La première ascension de la Grande Casse a été réalisée en 1860 par William Mathews, Michel Croz et Étienne Favre (qui taillèrent 800 marches dans la glace !). Cette ascension par le glacier des Grands Couloirs, voie normale et historique, est depuis devenue une exigeante classique des Alpes, autant en alpinisme qu'à ski. Il s'agit d'une course sérieuse réservée aux alpinistes expérimentés maîtrisant parfaitement le cramponnage, car certaines pentes sont raides et exposées. Un départ nocturne et une allure rapide sont les meilleurs garants de sécurité.
Départ donné à Pralognan, le village situé au coeur du magnifique Parc National de la Vanoise. Le sentier démarre un peu plus haut, au parking des Fontanettes, à 1640 mètres d'altitude. Il fait très chaud en ce milieu de journée, et j'ai déjà réalisé une ascension dans la matinée à l'Aiguille de Péclet (3561 m). La marche d'approche ne dure que 3 heures mais elle sera donc assez dure physiquement.
Pâturages des Barmettes
Je commence par remonter la vallée en direction du nord-est, jusqu'à atteindre le chalet-refuge des Barmettes, à 2010 mètres. Je décide de m'octroyer une première pause, au milieu de nombreux promeneurs. Un petit pont permet de franchir le torrent. Le tracé se poursuit à travers de vastes pâturages, grâce à un sentier aménagé de pierres. Le cadre est vraiment paradisiaque. Il le devient encore plus lorsque j'atteins, un peu au-dessus, les rives du surprenant lac des Vaches. Je parcours alors le gué qui traverse le lac de part en part et qui en fait sa spécificité. En face de moi la Grande Casse est apparue, sous son versant le plus accessible, à savoir le glacier des Grands Couloirs, une voie historique qui demain me conduira si tout va bien jusqu'à la cime. Sur ma droite se dresse l'impressionnante Aiguille de la Vanoise, dont l'altitude est modeste, mais qui présente de ce côté des parois verticales hautes de 400 mètres. La plupart des randonneurs s'arrêtent au lac, qui est sans conteste l'un des plus beaux endroits de tout le massif. Sa facilité d'accès en fait donc un lieu surfréquenté. Plus haut on entre dans le domaine de la haute montagne, et on n'y croise plus que de vrais montagnards. Je poursuis ma progression. Le sentier remonte une moraine et conduit jusqu'au lac Long à 2470 mètres. Le refuge Felix Faure, base de départ classique pour l'ascension de la Grande Casse, est situé à quelques encablures. Mais j'ai fais un autre choix : celui de bivouaquer à la belle étoile sur les rives du lac. Il est 16h lorsque je m'allonge dans l'herbe pour une sieste méritée. Toute la soirée j'ai le loisir de scruter l'itinéraire des Grands Couloirs, qui se situe juste sous mes yeux. Lentement, le soleil décline, les montagnes se teintent de leur parure du soir.
La nuit est rude. Mon équipement de bivouac est plutôt rudimentaire, en tout cas réduit dans un souci de légèreté au strict nécessaire. J'ai un peu froid et j'ai du mal à trouver le sommeil, emmitouflé dans mon maigre duvet. J'accueille donc avec soulagement les premières lueurs de l'aube. Déjà des cordées quittent le refuge et, passant à quelques mètres de moi, se dirigent vers la base du glacier. Sans perdre de temps je plie mes quelques affaires et leur emboite le pas.
Je contourne le lac par la droite et commence à m'élever sur un terrain pourri pour rejoindre le fil de la moraine. Je remonte celle-ci péniblement, jusqu'à venir buter contre la paroi occidentale de la Pointe Mathews, à environ 2720 mètres. Sur ce versant de la montagne il fait encore très sombre. Le tracé part en traversée sur la gauche, en longeant les parois. Après avoir franchi un névé, j'arrive à un passage équipé de câbles (II+) qui permet de franchir aisément la barre rocheuse défendant l'accès au glacier. En remontant un petit pierrier je rejoins ensuite à 2800 mètres la base du glacier des Grands Couloirs. Je m'équipe en conséquence. J'ai bien conscience de prendre un risque en faisant cette voie en solitaire. Car parcourir un glacier n'est jamais sans risque. Toutefois je suis rassuré par la fréquentation des lieux, le fait que l'itinéraire soit bien tracé, et l'état bien bouché du glacier en cette fin de printemps.

J'attaque fort le glacier par un premier raidillon de 200 mètres. S'en suit un tronçon peu pentu, mais assez long, pour arriver au pied de la grande pente de glace des Grands Couloirs. Une large rimaye en barre l'accès. Heureusement de solides ponts de neige permettent de franchir l'obstacle sans trop de soucis. Me voilà donc dans cette pente, sévère (45° sur 400 mètres), qui est le passage le plus technique et le plus redouté de la course. En effet, la moindre glissade pourrait s'avérer fatale. Dévisser en pareil endroit, c'est à coup sûr finir au fond de la rimaye béante qui s'ouvre au bas de la pente et qui n'attend que ça : que des alpinistes viennent la nourrir ! L'effort est rude et violent. La présence de bonnes traces facilite tout de même ma progression. A 3600 mètres c'est avec soulagement que je vois la pente s'infléchir et que je goûte enfin aux doux rayons du soleil.
Les glaciers de la Vanoise
Je m'élève maintenant en pente douce en direction du col des Grands Couloirs, largement ouvert et désormais bien visible, mais par lequel il n'est pas utile de passer. Dès que possible je vise l'arête neigeuse à gauche. L'arrivée sur l'arête, au niveau de la sortie du couloir des Italiens, est un grand moment où le panorama s'élargit et où l'on découvre d'un coup l'impressionnante face nord sous ses pieds. Des itinéraires qui comptent parmi les plus difficiles de la Vanoise y sont tracés. Toutefois la petite face nord, cotée AD, est une voie glaciaire de difficulté modérée qu'il me faudra un jour parcourir, dans l'optique d'un affrontement plus direct avec cette Grande Casse. D'autant que cet itinéraire plus élégant permet de surcroît de fuir l'affluence de la voie normale.
L'arrivée au sommet
Le sommet est désormais tout proche. Je parcours en plein ciel une superbe arête cornichée sur une distance de 200 mètres vers l'est, jusqu'à rejoindre facilement la cime étroite. Je partage ce mince espace sommital avec d'autres alpinistes. Le panorama est superbe, et pour cause, je viens de mettre à mes pieds toute la Vanoise ! De plus toutes les montagnes majeures des Alpes sont visibles : Mont Blanc, Grand Combin, Cervin, Mont-Rose, Gran Paradiso, Ecrins, Meije, Viso... Un vrai régal pour les yeux !

Sur le chemin du retour je m'offre un léger crochet vers la Pointe Mathews (3783 m), le dôme neigeux voisin, en prenant garde aux crevasses sournoises qui marquent les alentours du col des Grands Couloirs. Le plaisir est donc prolongé grâce à ce sommet peu marqué, qui est pourtant le second plus haut point du massif, devant le Mont Pourri.

La descente promet d'être longue. Dans un premier temps elle se révèle surtout exigeante : en effet la grande pente de neige nécessite d'être très vigilant car, comme toujours sur ce type de terrain, la descente est plus impressionnante que la montée. A chaque pas j'ai l'impression que mon corps va basculer en avant et plonger dans la pente. Voilà en tout cas un sacré exercice de cramponnage ! La rimaye est franchie d'un bond. Un peu plus bas, là où le glacier est le moins raide, une glissade contrôlée fait bien l'affaire... Et me voilà déjà en bas du glacier ! Le reste de la descente jusqu'à Pralognan se déroule sans encombres. Les jambes sont lourdes, forcément, mais quelle joie d'avoir gravi l'un des sommets les plus remarquables des Alpes !
Grande Casse
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Récit de l'ascension
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