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escalade... Sur ce site internet dédié à nos aventures vous trouverez des récits complets, des photos, des vidéos et diverses informations concernant toutes les expéditions que nous avons réalisées à ce jour dans le monde entier. Bonne visite !
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Le
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MONT ROSE (4634 m) - Traversée des "4000"
Juillet 2015, Valais, Suisse
Deux ans ont passé depuis ma dernière virée alpine. Une (trop) longue période de disette, dûe à l'éloignement géographique et à certains bouleversements personnels... Certes il y a eu entre temps quelques treks lointains, mais c'est avec un immense plaisir que je retrouve des reliefs qui me sont familiers. C'est avec Hugo, un jeune alpiniste savoyard passionné de montagne tout comme moi, que j'envisage ce grand retour aux affaires. Les jours précédents nous avons réalisé diverses courses (Grand Muveran, Aletschhorn, Lagginhorn) afin de m'acclimater et me remettre en jambes. En parallèle nous avons guetté les prévisions météo, en espérant un long créneau de ciel bleu, pour réaliser notre grand projet estival : la traversée de tous les "4000" du massif du Mont-Rose ! Et c'est aujourd'hui que nous lançons les hostilités !
Mont Rose
Galerie photos
Récit de l'ascension
Le Mont Rose est le second plus haut massif des Alpes après celui du Mont-Blanc. Il est situé à la frontière entre le Valais suisse et le val d'Aoste italien. Son point culminant est la pointe Dufour (4634 m), le plus haut sommet de Suisse, dont la première ascension fut réalisée en 1855 par une caravane d'alpinistes financée par l'anglais Charles Hudson.

Le massif du Mont Rose est un ensemble puissant comprenant de vastes glaciers, de hautes parois, et nombre de sommets dépassant les 4000 mètres d'altitude. En effet, selon la liste officielle établie par l'UIAA, pas moins de 18 cimes surpassent la cote alpine de référence. Ces sommets sont généralement peu difficiles sur le plan technique, la plupart d'entre eux étant joignables par de simples itinéraires glaciaires. En un circuit de 4 jours, rondement mené et si la météo est favorable, il est possible d'enchaîner l'ascension de toutes ces montagnes. Il s'agit d'ailleurs là de l'une des courses les plus réputées des Alpes.

Au sommet de la Signalkuppe est situé le plus haut bâtiment et refuge d'Europe, la cabane Margherita, à une altitude de 4554 mètres. Le téléphérique du Petit Cervin, qui démarre des rues de Zermatt, constitue un point de départ idéal pour la traversée des "4000" du Mont Rose.
Jour 1 : Cavalcade sur les Breithorn
Sur les arêtes immaculées des Breithorn
Nous laissons la voiture à Täsch, puis prenons le petit train qui nous amène à Zermatt, haut lieu touristique des montagnes suisses. Nous traversons le village et ses boutiques de luxe pour prendre place dans le téléphérique du Klein Matterhorn. Son prix est indécent mais cela nous permet, en quelques minutes, d'être propulsés très haut et de pouvoir aborder au mieux notre traversée. Nous nous entassons dans la benne. Ecrasés par toute l'équipe suisse de ski, un bâton dans le nez, une fixation dans les côtes, c'est avec délice que nous retrouvons l'air libre à 3800 mètres d'altitude. Il fait un soleil radieux. Les hauts sommets sont à la parade, ils s'étalent sous nos yeux comme autant de trophées à conquérir. Nous nous équipons et nous nous lançons dans l'aventure.

Au départ le tracé est une véritable autoroute. Il prend la direction du Breithornpass en dessinant une grande courbe pour finalement parvenir sous le Breithorn Ouest (4164 m), que l'on atteint les mains dans les poches. Il s'agit là du "4000" le plus facile des Alpes, idéal pour faire ses premiers pas d'alpiniste ! Toutefois, la proximité des pistes de ski et la surfréquentation du lieu ne permettent pas de goûter pleinement à l'ambiance haute montagne. Quoi qu'il en soit nous voilà sur le premier des 18 sommets que nous allons tenter d'atteindre en l'espace de 4 jours ! Nous ne nous attardons pas et rejoignons dans la foulée le Breithorn Central (4159 m) par une jolie arête de neige sur laquelle il faut bien prendre garde aux corniches qui s'avancent côté suisse.
Ceci fait nous redescendons directement sur le Breithornpass, pour passer sous un bastion rocheux, et ensuite remonter vers les sommets suivants. Le Jumeau Ouest du Breithorn (4139 m) nous donne un peu de fil à retordre : les pentes sont raides et glacées, et le final escarpé impose un pas d'escalade à ne pas sous-estimer. Ce sommet a un peu plus de saveur à mon goût, puisqu'il est le seul que je n'avais pas pu gravir en 2007 lors de ma première visite dans le secteur. Nous filons encore plus à l'est et rejoignons le Jumeau Est du Breithorn (4106 m), en contournement également, puis la Roccia Nera (4075 m) située à quelques encablures. Et voilà, les 5 Breithorn sont dans la poche !

Nous récupérons nos sacs laissés en contrebas et nous rallions le bivouac Rossi et Volante, situé à 3750 mètres d'altitude sur le flanc sud de la montagne. La montre a tourné et nous n'aurons pas le temps d'aller jusqu'au refuge Quintino Sella comme prévu. Mais nous pouvons tout de même rendre un petite visite à Pollux, dont la cime est à portée de tir. Son ascension commence par un raide couloir de neige. Elle se poursuit par des blocs instables et par des ressauts que l'on surmonte à la force des bras, en se hissant grâce à des cordes fixes. Reste alors une ultime pente de neige pour rejoindre Pollux (4092 m).
Nous en terminons avec Castor
Perchés au sommet, seuls, nous profitons d'un paysage toujours aussi grandiose. Il y a tant de hauts sommets ici, réunis en assemblée autour de Zermatt ! Les "4000" sont légion et les possibilités de courses semblent infinies.

Nous revenons ensuite au bivouac, pour un repos bien mérité.
Jour 2 : Traversée des Liskamm
Nous plions nos affaires et partons à l'aube. La première étape du jour consiste à gravir le versant sud-ouest de Castor. La pente glaciaire se redresse petit à petit, franchissant plusieurs crevasses par des ponts de neige peu rassurants. A cette heure si matinale, le danger est toutefois moindre. Il fait un froid glacial, Hugo gèle sur place. C'est donc avec bonheur que nous débouchons une heure plus tard au soleil sur la très esthétique arête nord-ouest. La ligne est de toute beauté, c'est un fil de neige étincelant tendu en plein ciel. Ce final est un vrai régal à parcourir, mais il ne faut pas se laisser éblouir par la magnificence des lieux, il vaut mieux rester bien concentré car le tracé n'est pas large ! Au sommet de Castor (4228 m) - du nom du héros de la mythologie grecque - nous nous projetons déjà dans la suite du programme : la traversée des Liskamm !
Il faut pour cela passer par le Felikjoch, une très large selle où nous retrouvons beaucoup d'alpinistes en provenance du refuge Sella. Nous remontons de l'autre côté, par une croupe neigeuse tout d'abord, puis par un segment d'arête étroit, et enfin par une pente de neige très raide. L'effort est rude pour prendre pied sur l'immense masse de glace du Liskamm Occidental (4479 m) !

De là nous attaquons l'arête frontière qui relie les deux pointes du Liskamm. Il s'agit de la plus longue et de la plus haute traversée des Alpes. La course d'alpinisme de tous les superlatifs ! Cette crête aérienne s’étire sur plus de trois kilomètres, surplombant de part et d’autre un immense précipice. Versant suisse notamment, car la face nord est une imposante muraille haute de plus de mille mètres, qui donne à l’ensemble de la montagne une allure himalayenne. Suspendus sur cet abîme, des séracs aux dimensions peu communes défient les lois de la pesanteur.
Les lignes épurées du Liskamm Oriental
Quelque part entre ciel et glace, nous parcourons prudemment l'arête. Les conditions sont excellentes. De petits ressauts rocheux pimentent la traversée. La prégnance du vide devient plus forte lorsque l’arête s’affine. Façonnées par le vent, des corniches de neige contribuent à l’ambiance et à la réputation de ce parcours engagé. Une réputation plutôt mauvaise, car de nombreuses cordées ont malheureusement trouvé la mort sur les pentes du "mangeur d'hommes" comme on le surnomme !

Mais aujourd'hui le Liskamm semble vouloir nous accueillir en son sanctuaire : un final d'un esthétisme rare nous conduit sur la cime du Liskamm Oriental (4527 m). Quel bonheur que de toucher la croix sommitale d'une montagne aussi prestigieuse et imposante ! Nous nous délectons de la vue sur tous les sommets immaculés du Mont Rose. Face à nous s'alignent nos objectifs des prochains jours. La Dufourspitze fait une belle impression, épaulée par tous ses satellites.

L'entame de la descente est pentue et exposée. Il faut donc redoubler de vigilance pour ne pas manquer son cramponnage. Vers 4300 mètres la pente s'atténue et c'est par une crête neigeuse facile que nous tombons sur le Lisjoch. Nous traversons ce large col pour nous rapprocher du Balmenhorn. Il s'agit d'un rognon rocheux, que l'on gravit par des échelles, pour accéder au bivouac du même nom. Nous pénétrons dans la petite bâtisse, pas très propre, dans laquelle six alpinistes peuvent trouver refuge.
Nous déposons nos sacs et pour clore la journée nous partons faire un tour à la Pyramide Vincent (4215 m). C'est l'affaire de quelques minutes car il s'agit d'un dôme de neige tout proche. Nous avions envisagé de faire ensuite l'aller-retour à la Punta Giordani, un autre "4000" situé en contrebas. Malheureusement le ciel se couvre et l'itinéraire pour s'y rendre n'est pas évident. A contrecoeur nous laissons donc de côté ce sommet - dont l'appartenance à la liste officielle des "4000" est tout à fait discutable - et nous revenons au bivouac. Nous partageons le petit espace avec d'autres alpinistes, deux Polonais et trois Tchèques.
Jour 3 : Journée "blanche" au Balmenhorn
Comme nous le redoutions, les conditions météo se sont considérablement détériorées durant la nuit... Dehors c'est jour blanc : nous sommes prisonniers dans d'épais nuages, et il neige à gros flocons. On n'y voit pas à dix mètres ! Impossible donc d'envisager la moindre sortie aujourd'hui. Nous sommes contraints de rester au bivouac, ce qui n'est jamais plaisant car il faut réussir à s'occuper. Nos compères polonais, fidèles à leur réputation, sont montés avec des sacs de 30kg et disposent d'une énorme quantité de vivres. Ils passent leur temps à tout dévorer ! De notre côté jeux de cartes et tours de magie sont au programme. Mais malgré tous nos efforts cette journée reste terriblement ennuyeuse. En soirée nous obtenons des prévisions météo optimistes pour le lendemain, ce qui nous remonte le moral !
Jour 4 : Spaghetti tour
A notre réveil nous avons la divine surprise de voir que le ciel est dégagé. La journée s'annonce donc pleine de promesses ! Impatients d'en découdre nous préparons nos sacs dans l'obscurité et nous quittons le bivouac. Nos amis polonais sont partis en tête et doivent faire la trace dans une neige profonde, ce qui facilite notre progression. Ainsi nous franchissons très vite le Lisjoch, alors que les premiers rayons du soleil viennent frapper le Liskamm et le Cervin. Sublime vision ! Quant à nos objectifs du jour, ils sont face à nous. Nous passons en contrebas de la Parrotspitze et filons directement vers le plus haut sommet du jour, la Zumsteinspitze (4563 m). Une jolie arête nous mène en haut de ce sommet très bien placé.

La Dufourspitze, point culminant du massif, nous tend les bras. Elle est toute proche. Mais l'arête qui y mène est exposée et requiert des qualités de grimpeur que nous n'avons pas. Il serait trop risqué de s'engager sur cette voie.
Rayons du matin sur Liskamm, Cervin, Dent Blanche...
Nous nous dirigeons à présent vers la Signalkuppe (4554 m), une montagne bien connue car en son sommet se trouve la cabane Margherita, le plus haut refuge d'Europe ! Lorsque la météo est incertaine ce bâtiment est un véritable asile en haute altitude. Passer la nuit ici c'est l'assurance d'assister à un incroyable coucher et lever de soleil, dans un cadre hors du commun. Mais à une altitude pareille mieux vaut être bien acclimaté, pour réussir à dormir un peu. Le refuge est construit en équilibre, suspendu au-dessus de l'immense précipice du versant italien. Impressionnant ! Nous pénétrons à l'intérieur pour visiter cet endroit si insolite. L'endroit a l'air confortable. Ce doit être une belle expérience de dormir ici.
Au sommet de la Parrotspitze
Nous perdons un peu d'altitude et partons maintenant en direction de la Parrotspitze (4432 m). L'accès au sommet se fait par une fine arête de neige, encore une fois. L'endroit est très beau et le panorama est toujours aussi fabuleux. Décidément, depuis 4 jours, on en prend plein les yeux ! Ensuite nous essayons de redescendre par l'arête ouest, mais un bouchon d'alpinistes s'est formé dans un raidillon exposé. Nous attendons de longues minutes, assis sur un fil, puis finalement nous choisissons de faire demi-tour, pour contourner la montagne par le bas et aller à la rencontre de la Ludwigshöhe (4341 m), prochaine cime sur la liste. Ce sommet n'est qu'une bosse enneigée, peu individualisée, que l'on rejoint sans le moindre effort.
Nous avions ensuite l'intention de gravir le Corno Nero, une belle tête rocheuse qui s'élève abruptement au-dessus du glacier. Mais l'accès se fait par une pente de glace très raide, trop raide à notre goût... Arrivés au pied de la difficulté, nous choisissons sagement de laisser ce sommet de côté. C'est rageant car la vierge qui coiffe la cime n'est que 30 mètres au-dessus de nos têtes ! Nous hésitons un moment à redescendre versant suisse, jusqu'au refuge du Mont Rose, pour pouvoir attaquer demain la Dufourspitze par sa voie normale. Mais le Grenzgletscher est très tourmenté, et nous optons finalement pour un retour côté italien. Nous amorçons alors notre retour vers la civilisation, par la descente du glacier du Lis. Bon nombre de cordées nous accompagnent dans ce parcours facile mais crevassé. La plupart d'entre elles sont parties ce matin du refuge Gnifetti, que nous découvrons un peu plus bas.
Nous rentrons dans la couche nuageuse puis quittons le glacier. Le sentier nous ramène ensuite à la Punta Indren, où se trouve le téléphérique. Lequel nous conduit bien plus bas, dans la vallée de Gressoney. Ainsi se termine notre haute épopée sur les "4000" du massif du Mont-Rose. Le bilan, s'il n'est pas parfait, reste très positif : nous avons gravi 14 sommets en 4 jours. Et nous avons pris un plaisir fou là-haut, sur les arêtes de neige. Il faudra toutefois revenir, pour la Punta Giordani, le Corno Nero, la Dufourspitze et la Nordend, les quatre cimes qui nous ont échappées. Affaire à suivre...
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