Pic de Teide
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Récit de l'ascension
Le Pic de Teide est un volcan situé dans les îles Canaries, sur l'île de Tenerife, au large des côtes africaines. Du haut de ses 3718 mètres d'altitude, il constitue le point culminant de cet archipel mais aussi de l'Espagne, dépassant le Pic d'Aneto, plus haut sommet des Pyrénées, et le Mulhacén, point culminant de l'Espagne continentale. Il est également le plus haut volcan européen, et le troisième plus grand volcan du monde si on le considère depuis sa base sous-marine. La montagne est constituée d'un cône volcanique mesurant 8 km de diamètre à sa base. Le Teide est inclus dans le parc national du même nom et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Sa dernière éruption remonte à 1909. Sa forte activité éruptive et la proximité de zones densément peuplées font du Pic de Teide l'un des volcans les plus surveillés au monde.

L'accès au sommet du Teide est aisé puisqu'un téléphérique emmène les visiteurs aux abords du cratère. Cet accès est régulé par les autorités, le terrain étant instable et les fumeroles dégagées par le volcan pouvant être toxiques. Toutefois la montagne peut être gravie depuis le bas, en montant par les coulées de lave du versant oriental. Cela permet de découvrir les alentours du volcan et, en faisant l'ascension de nuit, d'assister à un lever de soleil inoubliable, loin au-dessus de l'Atlantique.
J'ai choisi d'effectuer toute l'ascension de nuit afin d'assister au lever de soleil depuis la cime. Je quitte donc le confortable hôtel où nous avons élu domicile pour le séjour. Il est 1h du matin. Le ciel est dégagé, ce qui est bon signe, la météo étant assez imprévisible puisqu'elle varie énormément du nord au sud de l'île, et ce malgré la faible distance. De plus les vents forts qui balaient Tenerife amènent souvent dans leur sillage les nuages de l'océan. Ces derniers restent alors bloqués sur les hautes pentes du Teide, générant des averses de pluie ou de neige.

Depuis la côte sud de Tenerife, une interminable montée en voiture, via San Miguel, Granadilla puis Vilaflor, me permet de rejoindre la Boca de Tauce, un col situé à 2000 mètres d'altitude et donnant accès à la partie centrale de l'île. Je poursuis en traversant le Llano de Ucanca. Une demi-lune éclaire timidement les alentours, et je peux déjà distinguer sur ma gauche la grande silhouette pyramidale du Pic de Teide, monstre endormi sous une magnifique voûte étoilée. La route en de grandes lignes droites passe au pied du versant sud-est de la montagne. Un versant peu esthétique qui se résume à une grande pente uniforme défigurée par les pylônes du téléphérique. Quelques hectomètres plus loin se trouve la Pizarra, le point de départ du sentier situé au niveau même de la caldeira, à environ 2350 mètres. La caldeira de las Cañadas est une grande structure effondrée de 20 km de diamètre, formant ainsi un immense socle situé à plus de 2000 mètres de hauteur. C'est sur ce plancher, édifié par une succession de coulées basaltiques, que s'élève le grand cône du Pic de Teide. Je me gare et boucle mon sac dans la pénombre. Quelques vivres, une carte du secteur imprimée à la hâte, une veste et l'appareil photo, voilà qui devrait bien faire l'affaire !
Masca, village escarpé
Je m'élance sur la piste. Il fait presque nuit noire. Et j'ai malheureusement oublié ma frontale en France... C'est donc avec une grande lampe torche d'un poids non négligeable, empruntée à l'hôtel, que j'avance dans l'obscurité. Je compte sur ce faible halo lumineux pour guider mes pas jusqu'au sommet. La lumière de la lune est insuffisante pour éclairer les alentours. Je distingue mal le paysage, mais je devine qu'il est splendide. Ce n'est qu'à la descente que je pourrai en profiter pleinement. La piste de couleur claire s'étire longuement en s'élevant très peu. Elle se dirige vers l'ouest, passe entre la Montaña Rajada et la Montaña Blanca, puis s'élève en de grands lacets sur la gauche. Je passe près des "huevos del Teide" et poursuis jusqu'à un col peu marqué, à 2700 mètres. La véritable ascension débute. Sans perdre de temps, timing oblige, j'attaque franchement les pentes du versant oriental. Désormais le chemin est plus raide, plus sinueux, et l'altitude se gagne vite. Je m'élève dans une petite combe située entre deux grandes coulées de lave. Le sol est meuble mais les nombreux passages de randonneurs ont contribué à stabiliser la trace. Je traverse des éboulis, franchit une zone de bosquets de genêts... Le tout à un rythme régulier, volontairement lent pour ne pas non plus arriver trop tôt au sommet et risquer une longue attente en plein vent.
Lever de soleil depuis le Pic de Teide
4h30. J'atteins le refuge Altavista, une bâtisse postée à 3260 mètres. Je reste un petit moment sur la terrasse pour faire une pause. A l'intérieur les lumières s'allument. Je peux entendre des gens s'affairer. Ce refuge gardé accueille les courageux qui grimpent le Teide à pied. Réservation obligatoire car le refuge est très prisé. Le gîte ne prépare pas de repas mais dispose d'une cuisine, de sanitaires et de confortables couchettes. Il faut donc penser à y monter sa nourriture et surtout son eau car là-haut elle n'est pas potable ! Avant que les autres randonneurs ne s'élancent, je me remets en route. Je préfère prendre les devants pour davantage de tranquilité. Le sentier chemine désormais sur les coulées de lave noire. Il est très bien marqué, bordé de murets en pierre. Presque une voie romaine ! Dans un véritable chaos de roches volcaniques enchevêtrées, le tracé rejoint la Rambleta, à 3555 mètres, où se trouve la gare d'arrivée du téléphérique.

La cime est désormais toute proche. Il ne me reste qu'à suivre le sentier du Telesforo Bravo. A partir de cet endroit l'accès au sommet est contrôlé. Il est nécessaire de détenir une autorisation (que l'on peut obtenir facilement sur internet) pour accéder au cratère du Teide. Ce permis n'est valable que pour une date et une tranche horaire précises. Le nombre de places est limité pour des raisons de sécurité et de conservation du milieu naturel. Et les gardes du Parc National de Teide sont, paraît-il, intraitables au sujet de la détention de ce précieux sésame. Les courageux randonneurs peuvent s'en passer dans le cas où, comme moi aujourd'hui, ils atteignent le sommet avant 9h du matin, heure à laquelle le téléphérique déverse ses premiers flots de touristes.
Il est 5h30, et alors que les incorruptibles représentants du Parc sont toujours bien au chaud dans leur lit, je me lance librement dans la partie finale de l'ascension. Dans mon dos j'observe, par-delà la procession de lampes frontales lancées à ma poursuite, les prémices de l'aube. L'horizon commence à peine à s'éclaircir. Le sentier aménagé me mène très vite sur le bord du cratère. En l'espace de quelques minutes je parcours l'ultime crête, et enfin je me hisse sur les rochers sommitaux du Pic de Teide (3718 m), le point culminant de l'Espagne et le plus haut volcan d'Europe !
Le cône volcanique du Teide
Quel bonheur d'être là, sur cet incroyable stratovolcan ! Je savoure intensément ce court moment de solitude en plein ciel, car en l'espace de quelques minutes je suis rejoins par une vingtaine de randonneurs. Tout ce monde arrive au compte-goutte et s'installe sur les blocs du sommet, face à l'est, en essayant de se protéger du vent frais qui souffle comme toujours sur Tenerife. Il est d'autant plus violent et froid à cette altitude.

Avant que les festivités ne débutent, et pour me réchauffer un peu, je visite les lieux. A seulement quelques mètres du sommet, des fumeroles sulfureuses s'échappent du sol et se dispersent au vent. En glissant ma main dans des interstices de rocher, je peux sentir un souffle d'air très chaud (80°C) émanant des entrailles de la montagne. Quelle sensation étonnante ! Attention tout de même à ces panaches de vapeur s'exhalant du cratère. Il ne faut pas les respirer trop longtemps car ils peuvent être hautement toxiques. Légèrement en contrebas du sommet, à l'intérieur du cratère de petite dimension (70 mètres de diamètre pour 45 mètres de profondeur) j'observe des formations de soufre, dont le jaune fluo éclate aux yeux. Pas de doute ce volcan est bel et bien vivant ! A ce titre il est d'ailleurs très surveillé, compte tenu de sa forte activité éruptive et de la proximité de zones densément peuplées.
De retour sur la Montaña Blanca, je prends le temps d'explorer le secteur des "huevos del Teide". Ce sont ce que les scientifiques appellent des boules d'accrétion, des bombes volcaniques hautes de plusieurs mètres, expulsées par le volcan lors des éruptions. Les roches sont de dimension impressionnante, et elles semblent sorties de nulle part, boules noires posées là sur un sol clair. C'est l'occasion d'une petite séance de bloc pas comme les autres ! Ensuite je poursuis ma descente sur la piste, presqu'en courant, puisque le terrain s'y prête bien et puisque je ne peux réfréner une envie de courir comme un gosse, ivre de bonheur.
Le Pic de Teide vu depuis los Roques de Garcia
Revenu au parking, je décide d'aller visiter les curiosités du secteur, en particulier los Roques de Garcia. Il s'agit d'un ensemble de pitons situé au pied du versant sud-est du Teide, près de la maison du Parc National. Parmi ces formations détonantes, l'une attire particulièrement l'attention : le Roque Cinchado, un rocher sculptural solitaire, figé dans un équilibre précaire. La vue de ces merveilles naturelles, sur fond de Teide, est absolument incroyable. Je multiplie les prises de vue. Je reste subjugué par le panorama. Il est si éloigné de ce que l'on peut observer à nos latitudes. Un peu plus à l'écart se trouve los Azulejos, un ensemble de rochers curieusement colorés en bleu/gris. Décidément j'en aurais vu de toutes les couleurs aujourd'hui, au sens propre comme au figuré !

La fin du séjour est bien occupée, car sur l'île de Tenerife il y a tellement de belles choses à voir. Par exemple un superbe village appelé Masca, perché sur des pentes abruptes au-dessus de la mer. Ou d'autres villes plus importantes : la capitale Santa Cruz de Tenerife, les rues de la Laguna, de la Orotava ou de Puerto de la Cruz, le barranco del Infierno, les forêts de las Mercedes, les piscines naturelles de Garachico, ou encore los Gigantes, les plus hautes falaises maritimes d'Europe (600 mètres de haut), que l'on peut découvrir lors d'une excursion en voilier le long de la Costa del Silencio...
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Quelques jours de vacances aux îles Canaries, cet archipel situé au large des côtes marocaines et sahariennes, en plein océan Atlantique. Une destination qui pourrait sembler insolite pour le passionné d'altitude que je suis, mais ce serait ignorer que le centre de l'île principale, Tenerife, est occupé par une grande montagne. Un immense cône volcanique qui s'élève à 3718 mètres au-dessus du niveau de la mer. Et l'océan n'étant qu'à quelques kilomètres de distance, la montagne fait forte impression de tous côtés. Il s'agit du Pic de Teide, point culminant du territoire espagnol, et plus haut volcan d'Europe.
Après une heure magique passée au sommet, je me lance dans la descente presque à contrecoeur. Une descente rapide car le sentier est bon, le terrain éclairé. Je découvre maintenant les lieux que j'avais traversé de nuit. Les champs de lave nappant le versant oriental notamment, qui me ramènent vers le refuge. Mais avant d'atteindre le bâtiment je bifurque sur ma gauche, totalement hors sentier. Mon objectif : trouver au milieu de ce chaos volcanique un endroit bien particulier, la "cueva de hielo", une grotte de glace ! Je cherche pendant un long moment, allant et venant, parcourant dans tous les sens les flancs du Teide. Les roches basaltiques, légères et fragiles, ont tendance à fuir et à se désagréger sous mes pieds. Un vrai labyrinthe où je marche sur des oeufs ! Je finis enfin par trouver l'entrée de la grotte, vers 3300 mètres d'altitude. Une échelle permet de descendre à l'intérieur de la cavité. Celle-ci a une superficie d'environ 50 m². Dans ce gouffre subsistent des résidus de neige et de glace. Quel surprise d'observer cela sur les pentes si arides de ce volcan ! Autrefois cette neige était très précieuse : elle permettait aux habitants de Puerto de la Cruz de s'approvisionner en eau. Ils descendaient la glace et la neige à dos de mules, jusqu'à la côte, pour fournir les bars et hôtels de la ville.

Une fois la grotte explorée je regagne le refuge Altavista. Je profite paisiblement de la descente pour observer le paysage grandiose qui s'étend devant mes yeux. La caldeira s'étend sur des kilomètres au pied du Teide. On y voit des dizaines d'anciennes coulées volcaniques. La juxtaposition de colorations blanches, rouges, jaunes, vertes et noires, confère au décor un éclat frappant. Jamais je n'avais gravi une montagne comme celle-ci !
Vers 6h30 le disque solaire émerge lentement de la mer de nuages qui recouvre l'océan. Les premiers rayons nous frappent, offrant une couleur rougeoyante au cône terminal sur lequel nous sommes blottis. Ces quelques minutes sont inoubliables ! A nos pieds, l'île de Tenerife et l'océan Atlantique sur 360° ! Côté ouest l'ombre pyramidale du Teide s'étend à l'horizon sur des dizaines de kilomètres. En faisant le tour du cratère (baffouant l'interdit !) je peux admirer en contrebas à l'ouest le grand cratère du Pico Viejo (3134 m), théâtre de la dernière éruption volcanique à l'intérieur de la caldeira de las Cañadas. Au loin les autres îles de l'archipel des Canaries émergent des nuages : Gran Canaria, La Palma, Gomera, Fuerteventura et Lanzarote. Bref, le spectacle récompense très largement tous les efforts nocturnes fournis durant les 4 heures qu'a duré l'ascension.
PIC DE TEIDE (3718 m) - La Rambleta
10 Juin 2012, Tenerife, Iles Canaries
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