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DJEBEL TOUBKAL (4167 m) - Traversée
Janvier 2012, Haut Atlas, Maroc
Le Djebel Toubkal est le point culminant du Haut Atlas ainsi que de l'Afrique du Nord, à une altitude de 4167 mètres. Il est situé à 63 km au sud de Marrakech, l'une des plus importantes villes du Maroc, dans la province d'Al Haouz, à l'intérieur du parc national qui porte le même nom. Le Toubkal ne fut gravi officiellement que le 12 juin 1923 par le marquis de Segonzac accompagné de Vincent Berger et Hubert Dolbeau. Les cairns qu'ils trouvèrent au sommet avaient été construits par les Berbères des environs pour qui le Toubkal est un lieu saint dédié à Sidi Chamarouch. Un sanctuaire lui est d'ailleurs consacré sur les pentes de la montagne.

A notre époque l'ascension du toit de l'Afrique du Nord attire un grand nombre d'adeptes du trekking, d'autant plus qu'elle ne présente pas de difficultés techniques. L'été est la saison la plus propice car la neige et les névés sont absents mais des orages brefs et violents peuvent se produire. La voie normale de l’Ikhibi Sud est la plus fréquentée. La vague touristique a modifié la vie des montagnards berbères vivant dans le voisinage. Lesquels travaillent désormais dans le tourisme : muletiers, guides, gîteurs, cuisiniers, porteurs. Le village d’Imlil, dernier village accessible par la route et situé à seulement deux jours de marche du Toubkal, est un véritable "Chamonix marocain".
Djebel Toubkal
Galerie photos
Récit du périple
Sur les hauteurs d'Imlil
Vue sur le Timzguida, depuis le Tizi n'Toubkal
Jour 2 : Ascension du Toubkal (4167 m)
Au sommet du Toubkal !
Jour 3 : Ascension du Timzguida (4089 m) et du Ras Ouanoukrim (4083 m)
En pleine tempête
Ambiance polaire sur l'arête du Ouanoukrim
Jour 1 : Montée au refuge du Toubkal
Place Jemaa el Fna, Marrakech, 10h30. Notre mini-bus s'ébroue et démarre en trombe. Il sort de la Medina et, rasant les autres véhicules, se fraye un chemin dans une circulation dense et désordonnée. Nous traversons les faubourgs de la ville et filons plein sud, à la rencontre des montagnes de l'Atlas, que nous discernons à l'horizon, un peu noyée dans un flou jaunâtre. Taddert, Toughmirt, Tahannaout... Les villages se suivent et se ressemblent : des bâtisses ocres, écrasées par la chaleur, érigées en plein désert, ou accrochées à flanc de montagne. La population, principalement berbère amazigh, vit du tourisme, du pastoralisme et de l'agriculture. La production d'huile d'argan tient une place importante dans l'économie locale. Nous stoppons à Asni pour effectuer nos derniers achats, puis le bus s'engage dans une gorge. La route s'élève sans que l'on s'en rende compte, et finalement après 1h30 de trajet nous atteignons notre destination : Imlil, à 1740 mètres d'altitude. C'est le "Chamonix marocain". Une ville de 3000 âmes située au pied du Toubkal, ce point culminant qui attire des milliers de visiteurs chaque année. Le début de notre aventure sur les pentes enneigées du Haut Atlas !
Nous faisons la rencontre de Martin, un Allemand qui comme nous vise l'ascension du Toubkal. Il est lourdement chargé, avec tente et duvet, car il compte bivouaquer vers 2300 mètres, pour s'acclimater tranquillement. De notre côté, nous voulons rejoindre dès cette première journée le refuge du Toubkal, à plus de 3200 mètres d'altitude. Nous démarrons donc à trois, et faisons connaissance, chemin faisant. Après quelques minutes nous arrivons sur les hauteurs d'Imlil. C'est le moment d'une première pause photo, et l'occasion de savourer silencieusement le décor, à l'écart du tumulte des villes. Nous rejoignons rapidement une piste faisant face au village d'Armed. La vue est surprenante sur cet enchevêtrement de maisons flanquées sur les pentes arides de l'Atlas, à 2000 mètres d'altitude. Dans les rues de ce village berbère, l'été doit être suffoquant, rythmé par les passages de touristes et de randonneurs. On y trouve encore quelques bergers. Mais la plupart des habitants se sont tournés vers le tourisme : muletiers, porteurs, guides... Le long de la piste, quelques locaux tentent de nous vendre leurs produits. A l'image du souk de Marrakech, on trouve dans ces "boutiques" tout et n'importe quoi. On peut y faire du troc, ou négocier quelques souvenirs. Un immense plateau rocailleux occupe le fond de vallée. Nous le traversons, nous enfonçant un peu plus encore au coeur des montagnes. Les sommets enneigés se rapprochent. La trace s'échappe ensuite sur la gauche, pour s'élever à flanc. Un panneau fait état de la présence de gypaètes barbus, ces rapaces majestueux que l'on trouve également dans les Pyrénées, et dont l'envergure peut atteindre trois mètres. Peut-être aurons-nous la chance d'en observer en plein vol...
Sidi Chammarouch, 2350 mètres. Un sanctuaire isolé. Quelques baraques, quelques marchands, coincés entre de hautes montagnes. Nous passons devant les habitations et poursuivons plein sud. L'effort est devenu plus rude, la pente, plus raide. Notre ami Martin en fais les frais. Décroché, il nous signifie qu'il va s'arrêter un peu plus loin, dès qu'un emplacement de bivouac se présentera. Quant à nous, nous accélérons le rythme. Il faut atteindre le refuge avant la nuit. Les lacets se succèdent et nous débouchons vite sur la vallée supérieure, à hauteur de petites granges à 2700 mètres. Il y a là un abri pour dormir au sec. Un peu plus haut encore, vers 3000 mètres, voilà la neige. L'itinéraire est bien tracé. Le refuge apparaît au loin, droit devant nous. A gauche le Toubkal, dont le sommet n'est pas visible. A droite d'autres sommets dépassant les 4000 mètres : Ouanoukrim, Akioud, Afella, Biguinoussene. Tous les grands de l'Atlas sont réunis ici, en haute assemblée, à l'exception du M'Goun situé bien loin à l'est.

Il est 17h lorsque nous pénétrons dans le refuge du Toubkal, appelé également refuge des Mouflons. Nous sommes accueillis par Mohamed, le gardien dont on m'a dit le plus grand bien. A son sujet les critiques sont unanimes. Et pourtant, les premiers moments sont délicats. Par notre faute. Un mauvais calcul, et nous voilà à cours d'argent. Il nous manque 150 dirhams pour payer les deux nuits que nous avions réservées. Après quelques échanges houleux un accord est vite trouvé : nous paierons le reste à Marrakech, au "siège" du refuge.
8h45. Nos crampons crissent sur la neige dure. La trace est faite, car même en plein hiver, on se bouscule sur les pentes du Toubkal. Nous serons environ 25 candidats au sommet aujourd'hui. La journée s'annonce très belle. Au-dessus de nos têtes, une tempête de ciel bleu. Motivés comme jamais, nous avalons la première pente de neige, assez raide. Dans notre dos le soleil illumine les parois de l'Afella (4043 m) et du Biguinoussene (4002 m). Nous doublons une grande équipe d'Italiens qui progresse au ralenti. Un peu plus haut, vers 3750 mètres, nous profitons d'une pause pour réaliser des séquences vidéo. Car puisque nous voulons ramener un film sympa de notre périple, il faut faire l'effort de tourner quelques plans, et ce régulièrement lors de notre parcours.

Un raidillon et nous débarquons sur le Tizi n'Toubkal, un large col situé entre le Toubkal et son antécime occidentale. Le vent souffle violemment. Il a balayé la neige et, sous l'effet conjugué du soleil, a fait affleurer les rochers. Les rares portions enneigées sont inskiables. Le Toubkal est envisageable à ski, mais il faut au préalable se renseigner sur les conditions, l'enneigement étant très variable d'une année à l'autre. Nous découvrons le versant sud de la montagne, qui plonge abruptement vers le Sahara. Côté ouest se trouve le double sommet du Timzguida (4089 m) et du Ras Ouanoukrim (4083 m), qui sont respectivement les deuxième et troisième plus hauts sommets de l'Atlas. Nous analysons leurs pentes, à la recherche d'indices, de traces, dans l'optique de notre ascension prévue le lendemain.
Le Toubkal nous tend désormais les bras. L'altitude se fait malgré tout sentir et, dans les ultimes mètres, le souffle devient plus court, les mouvements plus lents. Nullement acclimatés, nous sentons nos pleines capacités physiques décliner, lentement et inexorablement. Mais il en faudrait plus pour nous arrêter, maintenant que le très inesthétique quadripode qui coiffe le sommet est en ligne de mire. En pente douce nous gagnons facilement la cime du Toubkal, à 4167 mètres d'altitude. Nous voilà au plus haut point du Maroc, de l'Atlas, et de l'Afrique du Nord !
Le vent a faibli. Etonnamment, le point culminant semble moins exposé que le col situé en contrebas. Mario et moi nous installons sur les rochers sommitaux, pour profiter du soleil, du panorama, du moment tout simplement. C'est toujours un plaisir particulier de réussir une ascension de ce type, minutieusement organisée depuis plusieurs mois, et réalisée loin de ses terres. Le Toubkal a beau être une montagne facile et fréquentée, nous sommes comblés par notre succès, car l'objectif principal de notre séjour est atteint. Plus rien ne peut venir gâcher notre périple marocain. Il y a des fois comme ça, où les choses se passent à merveille, à un point tel qu'on peine à y croire. Les évènements s'enchaînent parfaitement, et rejoignent le déroulement idéal que l'on s'était fait dans la tête, celui dont on rêvait avant de venir.

Nous prenons le temps de manger. Un petit oiseau affamé nous tient compagnie, fouillant les rochers à la recherche de la moindre miette. Face à nous, le Sahara s'étend à n'en plus finir. Il est fait de collines dénudées, davantage que de véritables dunes de sable. La chaîne de l'Atlas s'étire en une longue barrière de hauts sommets, peu enneigés pour une mi-janvier. A l'est le M'Goun se démarque du haut de ses 4071 mètres. A l'ouest, au-delà des fidèles "4000" vassaux du Toubkal, les montagnes me sont inconnues. C'est l'heure de redescendre, déjà. Nous optons pour l'arête nord, qui offre une belle opportunité de traversée. Le terrain est facile. On pose un peu les mains. Revenus à 3900 mètres, il faut plonger à gauche, dans la combe nord-ouest, l'Ikhibi Nord. Plus bas nous trouvons les restes d'un crash aérien. Un bimoteur paraît-il, venu s'abîmer en ce lieu perdu dans les années 1980. Nous descendons tranquillement la pente. On flâne, on profite. Carpe diem. Et en appuyant à gauche, nous retombons directement sur le refuge du Toubkal.
Le ciel, clément hier, s'est brutalement chargé pendant la nuit. Au réveil les sommets sont pris dans les nuages. Nous décidons de partir malgré tout, suivant notre programme à la lettre. L'objectif : le Timzguida et le Ras Ouanoukrim, deux cimes voisines qui occupent le fond de la vallée Ait Misane. Ce sont de très hauts sommets : ils ne sont surpassés que par le Toubkal. Nous quittons le refuge à 7h45 et commençons à remonter vers le fond de vallée. Notre première étape consiste à rejoindre le Tizi n'Ouagane, un col évident, largement ouvert, auquel on accède par une succession de pentes de neige. Nous traversons tout d'abord un grand replat et pénétrons dans un défilé rocheux. A la sortie nous croisons un groupe d'Anglais, et observons une cordée qui s'engage dans une voie technique de la face nord-est du Ouanoukrim. Je leur souhaite bien du courage, avec de telles conditions météo ! Car le vent hurle, de plus en plus, à mesure que nous gagnons de la hauteur. A 3700 mètres d'altitude nous entrons dans la couche nuageuse, peu avant d'atteindre le col.
Tizi n'Ouagane, 3735 mètres. Nous nous couvrons pour faire face aux éléments. Car c'est une véritable tempête de neige contre laquelle nous devons lutter à présent ! La visibilité est réduite, mais la suite du parcours est logique : en suivant consciencieusement l'arête orientale du Ouanoukrim, qui ne présente pas de difficultés, nous devrions déboucher près du sommet. Allons-y donc !

Nous contournons par le nord de petits gendarmes. Les bourrasques viennent s'y briser en sifflant. Les flocons tombent horizontalement, emportés par le vent. Ils nous fouettent le visage et commencent à plâtrer les rochers. Le parcours de l'arête devient mixte, mais cela n'entraîne guère de soucis. On pose les mains de temps à autre, on place correctement ses crampons dans les interstices, on reste vigilant sur l'itinéraire à suivre. Car en tirant trop à gauche, en s'éloignant du fil de l'arête, on se retrouverait dans de raides parois et couloirs. L'ambiance est démente ! Une tempête de neige au Maroc, c'était presque impensable ! On se croirait ailleurs, dans le Grand Nord. Bien équipés, nous prenons finalement un certain plaisir à grimper dans ces conditions.

Vers 3900 mètres nous prenons pied sur le grand plateau supérieur. Nous repérons une trace dans la neige, trace que nous avions déjà observée la veille, depuis le Toubkal. Elle part en diagonale vers la gauche, en s'élevant légèrement. Dans les nuages, on y voit pas à dix mètres. Nous restons concentrés pour ne pas s'éloigner de ce timide tracé. Après une petite hésitation nous atteignons finalement la dépression située entre les deux sommets, à 4000 mètres d'altitude. A gauche le Timzguida, à droite le Ouanoukrim.

Nous commençons par gravir le Timzguida (4089 m), second plus haut sommet d'Afrique du Nord, par une pente douce, presque entièrement déneigée. Le vent est très fort. Les nuages sont partout. Le panorama est inexistant, malheureusement. Nous aurions pourtant apprécié la vue sur le Toubkal. Par moments le cadre devient plus lumineux, preuve que le soleil n'est pas loin et que, peut-être, il nous fera le plaisir d'une éclaircie. Ce serait en tout cas une belle récompense. Ne voyant aucune raison de nous attarder, nous repartons. Revenus au col, nous montons côté opposé. En suivant la crête nous franchissons une antécime puis atteignons dans la foulée le sommet du Ras Ouanoukrim (4083 m). Nous sommes violemment balayés par la tempête, encore et toujours. Nous prenons quelques clichés pour le souvenir, malgré le froid qui nous glace les mains en quelques secondes. Dès que nos corps ne sont plus en mouvement, ils gèlent sur place. Le givre se forme dans nos cheveux, nos cils, nos sourcils. L'ambiance est polaire.
Nous venons de boucler notre trilogie des plus hauts sommets de l'Atlas. Il ne nous reste qu'à regagner la vallée. Nous faisons donc le trajet inverse, en étant attentif aux indices, aux passages caractéristiques, aux orientations que nous avions mémorisés à la montée. Et nous retrouvons le fil de l'arête. Le vent ne faiblit pas, mais les nuages remontent. Nous revenons au Tizi n'Ouagane, puis descendons dans la vallée Ait Misane. Ce n'est que vers 3400 mètres, alors que nous sommes enfin abrités du vent, que nous nous octroyons une longue pause.
Nous nous offrons une heure de repos au refuge, pour nous réchauffer grâce au délicieux thé servi par Mohamed. Puis vient l'heure des adieux. Nous saluons nos hôtes et entamons notre descente. Le retour vers Imlil se fait tranquillement, au milieu des troupeaux qui occupent les prairies, entre Sidi Chamarouch et Armed. Nous voulons profiter au maximum des paysages de l'Atlas même si, sous la grisaille, le décor n'est pas aussi resplendissant que d'habitude.

Il est 16h20. Le mini-bus sera bientôt là, pour nous ramener à Marrakech, où nous aurons tout loisir de visiter pendant deux jours la Medina, les souks, le musée de Marrakech, la Medersa Ben Youssef, la Qoubba Almoravide, la Koutoubia, le Jardin Majorelle, le Jardin de la Menara... Une douce manière de clore ce magnifique périple sur les hautes terres du Maroc, et de s'imprégner un peu plus de la culture de ce beau pays.
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