Le Mont Cameroun est un volcan situé dans le pays éponyme, non loin de la côte atlantique. Il s'agit du point culminant de la chaîne appelée ligne du Cameroun, s'étendant du lac Tchad au golfe de Guinée. La montagne entière est surnommée le "Char des Dieux" et culmine au cône volcanique "Fako". L'explorateur britannique Richard Francis Burton fut le premier à en avoir réussi l'ascension en 1861. Les pentes sont habitées par les Bakweris, une ethnie bantoue.

Avec sa forme d'ellipse il s'agit de l'un des plus grands stratovolcans d'Afrique. C'est également l'un des plus actifs, avec des éruptions régulières, tous les 15 ans en moyenne. Ces éruptions peu explosives de nature hawaïenne ou strombolienne se traduisent par l'ouverture de fissures volcaniques qui émettent des coulées de lave.

L'ascension du Mont Cameroun se fait relativement facilement au départ de Buéa en empruntant des sentiers de randonnée, soit en aller-retour par le versant sud-est, ou alors en effectuant une grande traversée du massif. La meilleure période pour l'entreprendre est l'hiver, notamment les mois de janvier et février, période à laquelle a lieu la célèbre "Course de l'Espoir". Il faut toutefois être bien équipé car la pluviométrie sur ses flancs est parmi les plus élevées du continent.

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Loin de mes yeux, les montagnes sont toujours dans mon cœur. Passionné d'alpinisme et d'expéditions, je vous propose de découvrir ce site internet dédié à mes aventures en altitude. Vous y trouverez les récits complets, les photos, les vidéos et diverses informations concernant toutes les ascensions que j'ai réalisées à ce jour dans le monde entier. Bonne visite !
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MONT CAMEROUN (4095 m) - Traversée
Décembre 2023 - Fako, Cameroun
Galerie photos
L'Afrique de l'Ouest n'a jamais attiré mon attention d'alpiniste. Il faut dire qu'elle est très peu fournie en montagnes, contrairement à son pendant oriental, fort de quelques célébrités (Kilimandjaro, Mont Kenya, Ruwenzori). Soyons honnêtes : parmi la vingtaine de pays africains bordant l'Océan Atlantique, aucun ne présente un intérêt majeur en terme de reliefs. Sauf, peut-être... le Cameroun ! En effet il y a dans ce pays, surnommé "l'Afrique en miniature" en raison de sa diversité climatologique, minière, géographique, humaine, linguistique et culturelle, un surprenant volcan qui domine de 4000 mètres le golfe de Guinée. Peu de gens en font l'ascension car son existence même est inconnue de la plupart des randonneurs. Alors oui le Mont Cameroun, c'est son nom, mérite clairement qu'on s'y intéresse.

Lors d'une escale à Casablanca je rencontre Pascal, avec qui j'avais échangé quelques mails. Outre la profession nous avons en commun la passion de la montagne, notamment les ascensions lointaines. Baroudeur invétéré depuis des décennies, il est une mine d'informations pour moi qui entreprend fréquemment des voyages et qui a encore une liste de projets longue comme le bras. Le Mont Cameroun fait partie des (rares) sommets qu'il n'a pas gravi, alors nous allons partager cet aventure ensemble.
Jour 1 : "L'Afrique en miniature"
Récit de l'expédition
Nous entrons rapidement dans le parc national du Mont Cameroun. Au travers du sentier des colonies de fourmis s'affairent à leur tâche. Voulant observer de près cet essaim grouillant nous ne nous rendons pas compte que certaines grimpent sur nos jambes. Hans nous prévient tardivement : "attention, elles mordent !". Une poignée de secondes passent et nous sentons les désagréables morsures infligées par ces minuscules insectes, bien plus agressifs que chez nous. Une bonne leçon donnée par les fourmis soldats, qui se déplaçent en colonnes armées jusqu’aux mandibules ! Nous ne commettrons pas l'erreur une seconde fois.

Un peu plus haut, à 1870 mètres d'altitude, nous faisons une première pause à "Hut 1", une cabane peu confortable. Il y a plusieurs abris sur cet itinéraire appelé "Guinness Track", que l'on peut considérer comme la voie normale du Mont Cameroun. Mais ces cabanes précaires sont très peu utilisées par les randonneurs maintenant que la coopération camerouno-allemande a construit un refuge moderne à mi-parcours.

Vous vous êtes peut-être interrogé sur le terme "Guinness" et demandé ce que les Irlandais (encore d'autres !) viennent faire là-dedans. Et bien c'est cette célèbre marque de bière qui créa il y a 50 ans, et sponsorisa longtemps, la "Course de l'espoir". Il s'agit d'un marathon de trail-running très réputé, se déroulant chaque année en février, qui part du stade de Buéa et dessine un aller-retour jusqu'au sommet. A ce jeu là ce sont les locaux qui sont les meilleurs : 4h20 pour les hommes et 5h09 pour les femmes. Un chrono impressionnant quand on voit l'ampleur de la tâche : le flanc sud-est du Mont Cameroun c'est 3000 mètres de dénivelé positif, sur un sentier raide et scabreux, sans aucune zone de répit !
Jour 2 : Montée au refuge "Fako"
Buéa, blotti au pied du Mont Cameroun
Nos premiers pas au Cameroun, à l'aéroport de Douala, sont très compliqués. Dès la sortie de l'avion nous suffoquons avec l'air tropical humide auquel nos poumons ne sont pas habitués. Viennent ensuite les formalités administratives d'entrée sur le territoire, d'une lenteur absolue. De quoi mettre notre patience à rude épreuve et faire passer l'administration française pour ultra-performante. Il nous faut deux heures pour valider notre visa (pourtant déjà obtenu en ligne, et au prix fort !). Puis c'est le pompon avec la perte de bagages, une grande spécialité de Royal Air Maroc. Pascal, puisque c'est tombé sur lui, devra faire sans son équipement. Je passe pour ma part entre les gouttes (mais n'aurai pas cette chance au retour une semaine plus tard !).

Bref, au moment de sortir de l'aéroport nous sommes déjà lessivés ! Heureusement Amadou, notre chauffeur, est là pour nous guider dans ce pays qui ne semble pas accueillant de prime abord. Il nous conduit au travers des faubourgs pollués de Douala, en direction de l'ouest. Nous sommes fréquemment arrêtés par la police postée en bord de route. Ces contrôles -plus ou moins officiels- ont pour unique but de soutirer aux automobilistes un peu d'argent. Les agents arrondissent ainsi leurs fin de mois. Amadou, rôdé au métier, sait comment leur parler et leur glisser discrètement un billet dans la poche. Nous roulons ainsi pendant une bonne heure, au milieu des bananeraies, jusqu'à la ville de Buéa. Le véhicule grimpe jusqu'à la bâtisse dominant la cité, à 1100 mètres d'altitude, sur le flanc sud-est du Mont Cameroun. Nous voilà arrivés au siège de "Mount Cameroon Trekking", l'agence qui organise notre périple. Nous rencontrons Jean-Claude, patron des lieux. Il nous fait un briefing sur les 4 jours de randonnée qui nous attendent. Puis il nous invite à parcourir un peu la ville, en sa compagnie.
Buéa, chef-lieu de la région sud-ouest du Cameroun, est un véritable méli-mélo culturel. Ici on parle les langues officielles -anglais et français- mais surtout les dialectes autochtones. Ajoutez à cela l'architecture bavaroise de certains bâtiments (saugrenu dans ce décor tropical !) et vous obtenez un surprenant brassage entre les traditions bakweris et plusieurs périodes coloniales du siècle dernier. De nos jours cette diversité se traduit par de vives tensions. En effet des séparatistes ont auto-proclamé la naissance de leur propre Etat, l'Ambazonie, comprenant les deux régions anglophones du Cameroun. Et c'est violent, il y a régulièrement des affrontements armés entre ces sécessionnistes et les forces militaires camerounaises. Plus au nord c'est pire encore : le groupe terroriste Boko Haram sévit dans la zone frontalière avec le Nigéria, effectuant parfois des incursions sanglantes en territoire camerounais. Amis voyageurs, attention donc à ne pas sous-estimer l'instabilité de ce pays...
Aux abords du refuge
Vers 2000 mètres d'altitude nous nous extirpons enfin de la jungle luxuriante, fascinante à bien des égards mais asphyxiante. Nous traversons désormais une savane de hautes herbes. Lors d'une halte nous sommes rejoints par Brahim et Valentin, qui sont nos deux porteurs pour ce périple. Ils sont lourdement chargés, en eau particulièrement. Il faut dire qu'une fois passé au-dessus de la forêt il n'y a quasiment aucun point d'eau, comme souvent sur un volcan. Eux peuvent se permettre de boire dans des ruisseaux mais nous, Européens à l'organisme fragile, devons éviter les bactéries locales et privilégier l'eau de source en bouteille. Ces indispensables litres sont autant de kilos que nos valeureux amis devront porter pendant 4 jours. Bravo et merci à eux !

L'itinéraire, discrètement balisé par un marquage blanc, monte droit dans la pente. Nous faisons quelques pauses pour apprécier le paysage, notamment aux abords de "Hut 2" situé à 2280 mètres. Autour de nous des lambeaux de brume remontent de la forêt et viennent s'égarer dans les hautes herbes. L'ambiance est envoûtante. Dommage que les locaux abandonnent leurs détritus sur le chemin, notamment des bouteilles en plastique. Quelle aberration que de polluer la montagne qui vous fait vivre ! Enfin la pente s'adoucit et nous atteignons notre objectif du jour : le "Fako Mountain Lodge", posté sur un replat à 2850 mètres d'altitude. C'est un refuge que l'on peut qualifier de luxueux au regard du pays dans lequel nous nous trouvons. Lits individuels, douche chaude, boissons fraîches... Nous sommes agréablement surpris par ce confort, et étonnés d'être les seuls clients aujourd'hui. Après avoir pris nos quartiers puis exploré les environs, nous rejoignons notre équipe pour un délicieux dîner.
Au petit matin nous rencontrons Hans, notre guide. Oui, il a un prénom germanique, preuve de l'influence persistante qu'ont les Allemands sur cette région depuis leur colonisation à la fin du 19ème siècle. Aujourd'hui encore ils sont là, mais œuvrent à de plus nobles missions, notamment la protection de l'environnement. Hans a 60 ans passés mais une endurance remarquable, et surtout une connaissance parfaite des moindres recoins du Mont Cameroun. D'ailleurs il est incapable de nous dire combien de fois il a gravi cette montagne. Quand on ne compte plus, c'est qu'il y en a sans doute des centaines !

Une fois nos sacs prêts, nous débutons notre ascension et pénétrons dans la forêt tropicale. L'humidité ambiante y est étouffante. La végétation elle-même semble transpirer. Et ce n'est rien comparé à moi, qui me retrouve dégoulinant de sueur en quelques minutes. J'ai la désagréable sensation de randonner dans un sauna, sur une pente raide et piégeuse, avec un sac de 10kg. Définitivement, je ne suis pas fait pour les pays chauds !
6h du matin. Nous nous réveillons plein de motivation car c'est le grand jour, celui qui doit nous conduire sur le toit du Cameroun et de toute l'Afrique de l'Ouest ! Nous prenons le petit déjeuner (un peu "light" à notre goût) face au soleil qui se lève. Ce dernier émerge des brumes persistantes recouvrant, en saison sèche, l'estuaire du Wouri et le golfe du Biafra. Ces nuages dissimulent une grande partie du paysage mais heureusement, par un phénomène d'inversion des températures, ils restent souvent cantonnés en bas de la montagne. Aujourd'hui il fait un temps magnifique et nous allons à nouveau évoluer sous un grand ciel bleu, ce qui est surprenant car dans cette région la pluviométrie compte parmi les plus élevées du monde. Il faut dire qu'une telle masse montagneuse placée au bord de l'océan attire les nuages et les retient, entraînant à son pied des précipitations abondantes. Pour notre ascension la météo est absolument parfaite, alors tant mieux, profitons de cette chance inouïe !

La première partie de la montée n'est guère exaltante. C'est encore une large pente régulière et ennuyante. Pause banane à 3200 mètres. Afin de rompre la monotonie du parcours Hans souhaite nous faire visiter un "tube de lave". Il s'agit d'une galerie qui s'est formée lors d'une éruption effusive. La coulée volcanique s'est refroidie en surface en formant une croûte solide, mais son centre est resté fluide, permettant à la lave de continuer à s'écouler. Lorsque la coulée a cessé d'être alimentée par l'éruption, le "tube" s'est vidé et a laissé une cavité. A la frontale nous explorons cette grotte un peu spéciale, au cœur d'une architecture basaltique.
Jour 3 : Grande traversée du Mont Cameroun (4095 m)
Mount Cameroon summiters !
Poursuivons. A 3600 mètres nous surmontons un contrefort et débouchons sur une prairie sous-alpine. Le sommet, ou plus exactement son antécime, est désormais clairement visible. Puis nous dépassons "Hut 3", dernier taudis qui ne présente pas le moindre intérêt, si ce n'est s'abriter un jour de tempête. Un jour d'éruption, préférez la fuite.

Le tracé oblique plein nord, en pente douce. La végétation disparaît quasi-totalement et nous entrons dans un désert volcanique. Sous nos pieds de la cendre noire, et autour de nous des bombes volcaniques de différentes tailles, projetées à plusieurs centaines de mètres de hauteur lors d'une explosion de la montagne.

A notre grand étonnement Hans s'écarte du tracé, qui filait pourtant tout droit vers la cime. Il nous emmène voir un cratère récent, celui formé lors de l'éruption de l'an 2000, la dernière en date. Des fumeroles s'échappent encore de cet antre de grande dimension. Nous voilà dans le théâtre où s'expriment les colères de notre planète !

Nous rejoignons l'antécime nommée Bottle Peak (4011 m), parfois considérée comme le second plus haut sommet du pays. Les Allemands pensaient qu'il s'agissait du point le plus élevé de la montagne, mais en réalité le culmen se trouve un peu plus loin, sur un cône volcanique appelé "Fako". La liaison n'est qu'une question de minutes et c'est avec une immense émotion que nous nous hissons sur le point culminant du Mont Cameroun (4095 m) !
Nous traversons le village sous le regard curieux des habitants qui ne voient sans doute pas passer des blancs très souvent. Ils sont regroupés en familles nombreuses devant leurs maisons en bois ou, pour les moins pauvres, en ciment. Puis nous contournons une grande villa abandonnée (appartenant à un ex-ministre emprisonné pour corruption), pour enfin atteindre notre objectif ultime : l'océan !

Hourra ! C'est un bonheur immense que de clore ainsi, après 3 jours épuisants de descente et 4000 mètres de dénivelé négatif, notre grande traversée du Mont Cameroun. Quelle aventure ce fut !

Dans les jours suivants nous profitons de cette côte atlantique en séjournant à Seme Beach. Un hôtel relativement confortable, tout du moins quand l'électricité n'est pas coupée. Et un cadre idyllique : une piscine naturelle dont l'eau ruisselle de la pyramide embrumée du Mont Etinde, une plage où les enfants viennent jouer au foot entre deux palétuviers, et les eaux chaudes du golfe de Guinée.

Ainsi prend fin notre épopée sur le Mont Cameroun, ce singulier volcan sur lequel nous avons, 4 jours durant, échappé à la pesante et humide atmosphère des basses régions équatoriales, pour prendre de l'altitude, admirer de grandioses panoramas et respirer à plein poumons l'air vivifiant des montagnes.
Nous nous congratulons, pas peu fiers d'avoir apprivoisé, certes très temporairement, ce stratovolcan isolé, le "Char des Dieux" comme beaucoup l'appellent, ou encore "Mongo ma Ndemi" de son nom indigène, ce qui signifie "Montagne de la Grandeur". Un surnom pas usurpé vu d'ici, 4000 mètres au-dessus des plaines côtières. De notre perchoir nous profitons d'un ciel dégagé pour observer le paysage qui nous entoure et pour mieux appréhender les dimensions colossales (50km de diamètre !) de cette montagne. Atteindre un grand sommet est un moment de plénitude que la vie nous offre trop rarement, alors nous le célébrons avec une bonne bière. Enfin "bonne"... tout est relatif. Toujours est-il que dans un contexte pareil une bière de piètre qualité prend une saveur insoupçonnée. Et en ce jour elle est, plus que jamais, bien méritée !

Hans nous fait signe. Il faut y aller car la journée est loin d'être terminée. Nous entamons la descente sur le versant occidental, dévalant des pentes faciles de scories jusqu'à l'entrée d'un immense plateau à environ 3400 mètres d'altitude. Nous le traversons tout droit, deux heures durant, en parcourant plusieurs champs de lave volcanique figée. Une fois parvenus au bout du haut plateau nous retrouvons une zone de savane, dans un décor comparable au proche Grassland. Nous rejoignons une piste, ce qui nous permet d'augmenter l'allure, et poursuivons notre descente en passant à gauche d'antennes de liaison radio.
Chevauchée sur les bouches éruptives de 1999
Plus bas encore, à 2750 mètres, nous entrons dans la zone de cratères datant de la puissante éruption de 1999. C'est un endroit fascinant à l'ambiance lunaire. Une véritable avenue d'attractions géologiques ! Sous nos yeux ébahis se trouve un alignement de bouches éruptives nées de fissures volcaniques. Le sentier épouse le bord de ces petits cratères disposés en enfilade, nous permettant de jeter un œil curieux dans chacun d'eux. Stupéfiant !

J'essaie d'imaginer ce que devait être le spectacle en 1999, lorsque les gerbes incandescentes jaillissaient des entrailles du volcan. Les coulées de lave avaient tout emporté, ne s'arrêtant qu'à 200 mètres du rivage. Cette éruption, impressionnante par son ampleur, n'avait toutefois pas fait de victimes grâce aux évacuations préventives des habitants.

Nous quittons ce secteur captivant et repassons dans la savane. Hans nous guide parfaitement au travers des hautes herbes, alors que le sentier n'est plus du tout visible. Heureusement qu'il est là car nous ne saurions pas nous orienter sur cet immense flanc de montagne !
A 2270 mètres d'altitude nous atteignons enfin "Mann's Spring Lodge", notre étape pour la nuit. C'est à nouveau un refuge luxueux, construit très récemment à l'orée de la forêt. Koffi Julius, le gardien des lieux, nous y accueille chaleureusement. Place au repos désormais. Cette journée fut incroyablement belle et nous laissera de grands souvenirs, mais elle fut bien plus longue que nous le pensions. Nous avons tout de même marché pendant 10 heures, en ne nous octroyant que de courtes pauses contemplatives. Alors c'est avec délice que nous retrouvons le confort moderne du refuge, lui aussi alimenté par l'énergie solaire.
"Et m*** ! Le réveil sonne déjà ?". Hans nous a imposé un départ sacrément matinal, eu égard à notre état d'épuisement de la veille. Mais il faut respecter les consignes du guide. Alors nous avalons un maigre petit déjeuner et réenfilons nos chaussures afin de poursuivre notre descente vers l'ouest. Pascal et moi nous armons de courage car nous savons que ce ne sera pas la journée la plus agréable. En effet de longues heures de marche nous attendent, dans des conditions difficiles.

Des conditions difficiles car nous voilà de retour dans la forêt équatoriale primaire, et toute la moiteur qui va avec. Nous sommes à nouveau aux prises avec une végétation dense et suintante, sous une canopée haute de 30 mètres. De temps en temps les arbres disparaissent car nous traversons d'anciennes coulées de lave. Une bouffée d'air de courte durée, car très vite nous replongeons dans un impénétrable labyrinthe végétal. Nous restons alertes car c'est un environnement qui, aussi inhospitalier soit-il, peut potentiellement nous réserver de belles surprises. En effet cette jungle est un haut lieu de la biodiversité. Elle est riche de milliers d'espèces animales et végétales, dont certaines sont endémiques. Nous savons notamment qu'elle abrite des chimpanzés ainsi que plusieurs centaines d'éléphants de forêt.
Jour 4 : Sur le territoire des éléphants
Crater Lake
Hans est sur la piste de ces pachydermes. Il avance silencieusement en inspectant le moindre indice : des empreintes profondes dans la boue, de larges tranchées où la végétation est écrasée... Les traces de passage sont nombreuses mais, malgré leur taille imposante, nous ne parvenons pas à observer ces mastodontes. Vers 1650 mètres nous faisons une pause à Crater Lake, un étang parfaitement rond dissimulé dans un cirque végétal. Les éléphants viennent s'y abreuver de temps en temps. Nous aurions tant aimé contempler ces animaux sauvages dans leur habitat naturel. Malheureusement nous n'aurons pas cette chance. Il faudra nous contenter des oiseaux et insectes qui eux pullulent dans cette jungle. D'ailleurs nous verrons un peu plus bas, le long du sentier, des parapluies japonais, sorte de pièges à insecte suspendus aux arbres. Une preuve que les Camerounais s'attachent désormais à étudier minutieusement les espèces animales peuplant leurs territoires les plus reculés, comme cette forêt pluviale, embrumée et sempervirente.

Quelques heures plus tard, les pieds bien trempés, nous arrivons enfin dans une petite clairière où se trouve notre dernier camp appelé "Drink Gary". Nous ne sommes qu'à 700 mètres d'altitude mais la côte est encore à bonne distance, alors il faut passer la nuit ici. Cette fois il n'est pas question de confort, ce sera un bivouac "à la dure". Brahim et Valentin allument le feu pour cuisiner et faire fuir les fourmis hargneuses. Nous installons notre tente à proximité. Nous profitons de la fin d'après-midi pour explorer les environs, à la découverte des curiosités de cet écosystème : des papillons aux mille couleurs, des insectes aux dimensions XXL, des plantes aux formes exubérantes... Toutefois nous ne nous aventurons pas bien loin afin de ne pas nous égarer.
La nuit fut rude : l'étroitesse de la tente, l'acharnement des moustiques, les inquiétants bruits nocturnes de la jungle... Et toujours cette chaleur persistante qui donne la pénible sensation d'être confiné dans une étuve, quel que soit l'horaire. Dans cette région du globe l'amplitude thermique est quasi-inexistante : il fait 30° le jour et 28° la nuit.

Bref, il est grand temps de quitter cet endroit ! Nous plions nos affaires et reprenons le chemin de la civilisation. Le tracé alterne entre raidillons glissants et zones de replat. Au bout de deux heures nous basculons dans la forêt secondaire qui présente les premiers signes d'activité humaine. Plus bas un grand portique marque la sortie du parc national. Nous passons sous une voûte de bambous géants. Puis viennent les vastes plantations : palmier à huile, banane plantain, manioc... Nous y croisons des fermiers en plein travail, machette à la main. Quelques kilomètres encore et c'est la délivrance avec l'arrivée au village de Bakingili, où il régne l'agitation habituelle.
Jour 5 : Descente jusqu'à l'océan Atlantique
L'océan, enfin !
  • Barre des Ecrins, France
  • Aconcagua, Argentine
  • Elbrouz, Russie
  • Aconcagua, Argentine
  • Aconcagua, Argentine
  • Kurmychi, Russie
  • Ruwenzori, Ouganda
  • Ruwenzori, Ouganda
  • Nevado de Toluca, Mexique
  • Eiger, Suisse
  • Galdhøpiggen, Norvège
  • Geiranger, Norvège
  • Iztaccíhuatl, Mexique
  • Aiguille Verte, France
  • Preikestolen, Norvège
  • Kjerag, Norvège
  • Denali, Alaska
  • Denali, Alaska
  • Denali, Alaska
  • Fujiyama, Japon
  • Fujiyama, Japon
  • Ogawayama, Japon
  • Mont Kenya, Kenya
  • Mont Kenya, Kenya
  • Vík, Islande
  • Loch Ness, Ecosse
  • Jökulsárlón, Islande
  • Skaftafell, Islande
  • Hvannadalshnjúkur, Islande
  • Landmannalaugar, Islande
  • Gullfoss, Islande
  • Ojos del Salado, Chili
  • Demavend, Iran
  • Psiloritis, Crète
  • Mont Olympe, Grèce
  • Toubkal, Maroc
  • Météores, Grèce
  • Toubkal, Maroc
  • Ararat, Turquie
  • Kazbek, Géorgie
  • Pic Lénine, Kirghizistan
  • Pic de Teide, Iles Canaries
  • Kilimandjaro, Tanzanie
  • Kilimandjaro, Tanzanie
  • La Meije, France
  • Kiruna, Laponie
  • Kebnekaise, Suède
  • Pico Ruivo, Madère
  • Huayna Potosí, Bolivie
  • Parinacota, Bolivie
  • Sajama, Bolivie
  • Sajama, Bolivie
  • Cotopaxi, Equateur
  • Acotango, Bolivie
  • Carrantuohill, Irlande
  • Gennargentu, Sardaigne
  • Denali, Alaska
  • Mont Cameroun, Cameroun
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Ces montagnes que j'aime tant, car il s'y révèle tout un éventail de sentiments qui sont l'essence même de notre existence : le choix d'un objectif, les efforts pour parvenir à l'atteindre, les doutes, la fatigue, qui mènent parfois à l'échec, ou parfois au dépassement de soi, moteur du succès et du sentiment d'accomplissement qui l'accompagne. Il existe donc un parallèle saisissant entre notre vie quotidienne ici-bas et ce qu'on peut éprouver là-haut. La montagne, c'est l'école de la vie.